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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 21:10

 

Mardi Saint 2011 

 

 

Sur cette Pierre Il a bâti son Eglise en terre Romaine; 

 

De Paul Il a enjoint de faire prononcer son Règne;

 

Par Eugène, il fit poser son scel;

 

Par Julien il donna la vision et sa certitude ; 

 

De René il prit le Feu et le fit revivre.....

 

 

 

Les Cinq prénoms énoncés ainsi résument ensemble la dimension totale du Mythe Fulcanelli et l'année présente est signée déjà d'une forte concentration de l'esprit de tous ceux qui ont aimé, apprécié, lu et relu, comparé, sondé les deux livres les plus cités de toute la bibliographie de l'Alchimie contemporaine.

Le Mystère des Cathédrales     et  les Demeures Philosophales.

 

Notre premier article était rédigé afin de signaler des anomalies dans la première de ces deux oeuvres.

Notre dernière intervention sera de vous convier à admettre que ce " Mythe " n'est ni une fiction pure, ni la seule et unique marque d'un homme, qu'il se prénomme Pierre, Paul ou Jacques.....

 

De Pierre Dujols est peut-être née une impulsion fondatrice, que nous situons vers 1910-11 environ. Dès ce moment, le mystère des cathédrales est en chantier. Les illustrations signées et datées par Julien Champagne ainsi que le frontispice en font foi. 1910 1911.

Dans la lettre inédite que nous venons de publier, qui a l'avantage de se situer en avril 1911, un échange de correspondance entre Paul Dec.... et Pierre Dujols (qui écrit la lettre) nous fait savoir qu'une quinzaine de pages sont en circulation entre ces deux personnes et Julien Champagne....

Avec le concours qualifié de la maison d'édition des 3R ( Allieu ) Jean Artero et toute son équipe (les trois Artero) ont publié fin de l'année dernière le manuscrit jusqu'alors inconnu, rédigé par Jean Julien Champagne en 1908 et nommé   La Vie Minérale .  

L'existence de ce manuscrit postule avec netteté un Champagne écrivain en alchimie qui était jusqu'il y a peu inédit.

Paul Dec, que nous avons une bonne série de raisons de nommer Decoeur, semble un personnage central dans l'affaire du Mystère des Cathédrales.

Central mais aussi curieusement assez passif !

Lorsque nous savons qu'il s'agit en 1911, d'un septuagénaire, nous avons la faiblesse de penser que la gloire littéraire sur le tard ne le chatouille pas plus que le duvet d'un canard sur le cuir d'une vache....

Nous ignorons la suite donnée avant-guerre à cet oeuvre en gestation.

Pierre Dujols profite en 1914, pour publier sous le pseudo de Magophon son Hypotypose, à juste titre, réputée.

Il n'est alors plus question de parution et c'est la catastrophe d'août 1914.

Après guerre, la donne a changé. Paul Decoeur est toujours aussi actif, recevant chez les de Lesseps, quantité d'hommes considérables, des politiques au jeune homme Eugène. Actif au laboratoire, passif pour tout ce qui concerne les  " notes " et le  " manuscrit " consacré aux cathédrales.

Les notes ce sont ce magma d'informations contenues sous forme de petites notices. Ceci d'après le témoignage d'Eugène qui devient progressivement un personnage clé. Nous sommes alors au tournant de 1920.

Julien Champagne a longtemps travaillé avec la deuxième génération des de Lesseps, nous entendons par là, les plus jeunes fils du second mariage du patriarche Ferdinand de Lesseps. 

Encore une fois Jean Artero a souligné par ses brillants articles et par son petit livre fort bien illustré : Alchimie de Lesseps, la proximité de l'artiste avec Paul, Bertrand et Ferdinand Ismail de Lesseps. 

Puis vers 1922-23, survient un tournant brutal : l'entourage des de Lesseps disparaît avec "Fulcanelli" comme nous avons coutume de l'appeler aujourd'hui, probablement un peu naïvement.....

Walter Grosse, le Champollion du véritable alchimiste Paul Decoeur, surnommé Vulcain Solaire, nous a donné nombre de détails qui entérinent l'identité physique du  " troisième personnage" celui qui dans l'équation de départ Dujols - Champagne, tenait le rôle du   X    !

"Souffre et potasse pour obtenir le titre d' X"  ou de Polytechnicien dit le récipiendaire ou taupin....

Vers 1923, d'après Eugène Canseliet, on se remet au travail, littéraire s'entend, et en deux ans de temps se dessine la première édition du Mystère des Cathédrales. 

Si l'oeuvre avait été de Julien Champagne, croyez-vous vraiment ami lecteur, qu'il aurait eu besoin d'Eugène Canseliet pour le rédiger ???????

Pourquoi alors, s'il s'était agi de produire un pur pastiche d'un manuscrit déjà largement rédigé avant guerre par Pierre Dujols, sur lequel ce denier aurait eu son mot à dire, et ses ayant-droits à voir sur ses droits d'auteurs, pourquoi alors tout le monde extérieur à la petite cellule active ( Canseliet - Champagne) s'est-il tu et à laissé faire ?

 

Et s'il y avait eu une troisième homme " Monsieur X " le polytechnicien ? Que de sa fenêtre sur l'éternité, il ait pu prononcer une parole et le miracle de se produire ?

Dans sa radioscopie de 1978 (ah quelle date ici et là, à Paris dans un bureau de radio, à Rome dans les couloirs du Vatican, au Caire où se clôture l'ère des questions coptes, etc....) avec Jacques Chancel, Eugène Canseliet joue son va-tout de la sincérité et du respect de la consigne.

- Jacques Chancel : Mais Eugène Canseliet, au fond, Fulcanelli, qui est-il ?

 

- Eugène Canseliet : Oh c'était un homme considérable ! Pensez, il recevait tant de grands hommes, enfin, des hommes comme vous et moi, mais qui étaient célèbres, dont on lisait les noms dans les journaux.....

 

Plus loin :

- Jacques Chancel : Mais alors, Eugène Canseliet, vous connaissez son nom ?

- Eugène Canseliet : Aaaaahh nooooonnnnn !!!!!

 

Que le lecteur me permette un instant de ranger mon mouchoir ! La contorsion obligée du disciple presque collé devant l'obligation de donner un renseignement capital m'a fait hurlé de rire..... Et donc, j'en reviens au fil de ma réflexion.

Voilà bien Eugène Canseliet et sa croix. Obligé de perpétuellement camoufler l'homme considérable. Et quelle énergie de soutenir son attention sur le moindre propos. A 78 ans et demi, essayez-donc, vous m'en direz des nouvelles.....

La seconde préface du mystère des cathédrales contient aussi une perle du genre : je sais tout mais je n'écrirai pas ce que vous attendez que j'écrive....

 

Et à vous de découvrir la perle et de bien la savourer.

Nous avons un immense respect pour le sang-froid perpétuel conservé par le porte-flambeau de l'alchimie au XXème siècle. Tant décrié depuis son décès, jalousé par certains, raillés par d'autres....Peu importe, mais paix à son âme.

Revenons aux choses actuelles. 

 

Walter Grosse, ayant émis son verdict en conscience, a suscité au fond d'un hameau belge la réaction de mon prédécesseur Filostène Senior. Lequel m'a proposé, même pas incité, à produire le livre que d'aucuns décrient déjà.....

Et que diraient-ils si je publiais la suite ? Dans ces échelons qui parlent de la théorie, il faut d'abord poser un cadre à la réflexion philosophique, repartir au sources mêmes du langage, pour pouvoir s'appuyer sur un texte quelconque.

Et quel art pourra le mieux évoquer la racine de ce que les cabalistes ont le mieux ressenti : la langue verte.......

 

Nous devons trouver un vase, la chose est entendue. 

 

En alchimie, il est aussi question d'un jardin où semer pour faire croître.

En alchimie, il est surtout besoin d'une âme bien disposée, favorable aux souffles purs et dont la patience est à toute épreuve.

En alchimie, lorsque l'espace devient un coeur unique, effacant tout repère égocentrique, alors la Pierre peut choisir son Vase.

 

Si nous écrivons ce soir, c'est dans la mémoire de cet autre vieil homme dont les repères et la présence s'effacent peu à peu, dont la vie est ailleurs, et dont on doute déjà qu'il ait jamais existé..... 

Comme ce français, né en 1839 et qui s'est effacé en toute vraisemblance en 1923, et qu'il se soit appelé Pierre, Paul ou Julien peu importera.....

Le mythe Fulcanelli survivra aux interventions du colloque ; nous n'y ferons qu'une brève apparition, pour achever le témoignage nécessaire......

Nous allons maintenant refermer les pages de ce petit recueil de propos sur l'alchimie, en ce mardi saint qui il y a juste deux ans a coincidé avec le départ de Filostène Senior vers d'autres cieux.

 

A l'heure actuelle, nous n'avons pas encore décidé si Deneb Cygni reprendra ce même blog pour vous entretenir d'astrologie ésotérique, ce qui a première vue peut sembler inintéressant pour les alchimistes, mais qui sait.... Comme il a de la ressource, et des intuitions à déchiffrer le brouillard lui-même, il parviendra peut-être à se forger un nouvel auditoire.

 

Je remercie chaudement tous les intervenants qui se sont exprimés en faveur ou contre notre prise de parole, parfois perçue comme une menace ou un canular, mais sachez que je n'oublierai personne là où le destin m'appelle.

 

 

Filostène


 




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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 10:31

Voici quelques photos du Fulcanelli exhumé publiées en noir et blanc dans l'édition actuelle.

Paul-Decoeur.IMG_0001.jpg

 

L' ingénieur Paul DECOEUR  à Noël 1874. Agé de 35 ans.

 

 

 

 

 

chevaliers-de-l-enneade.IMG_0003.jpg ci-contre :

 

Samuel David COHEN LIDIAKOS en 1906 en visite chez un cousin à Bruxelles. Cinq ans plus tard, il entrera au service, temporaire, de Pierre DUJOLS de Valois.

 

cimetiere-ancien.jpg

 

Ce cimetière ancien ouvre la première partie : Fulcanelli exhumé (premier échelon de l'échelle d'Alchimie)

 

 

ulma-l--une.jpg

 

Dans l'esprit d'Egard Allan Poe, la matérialisation de la vision au sein même d de l'obscure matière boisée. Ou les deux aspects de l'Âme.

 


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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 13:38

Epiphanie 2011,

 

Sous ce signe étoilé, voici quelques précisions sur le livre préparé qui paraîtra en avril prochain.

 

Le titre d'un livre est toujours un choix délicat.

Comme sa publication, annoncée l'an dernier, venait à l'heure où s'organisait un futur colloque consacré à l'Adepte du XXème siècle français, 

notre décision d'écrire a tenu compte de cet impératif de calendrier.

 

Comme l'an dernier, nous avions annoncé des précisions et une prise de position dans ce débat, en fonctions des courriers reçus de notre prédécesseur, fin 2007 et dans le legs reçu en mars 2010, nous avons donc, en conséquence, opté pour un chapitre consacré à Fulcanelli.

 

Ensuite, il nous semblait tout aussi important d'éclairer différemment le débat à propos du disciple de Fulcanelli, nous avons consacré un second chapitre à Eugène Canseliet F.C.H.

 

Enfin, comme le legs Filostène, à notre grande surprise, comprenait des documents cryptés, sous la forme de 27 fragments différents, nous avons passé une saison complète de 2010 à chercher ce que pouvait bien raconter ces papiers bizarres, rédigés en lettres grecques, mais comprenant un texte en français, et se rapportant aux fameux 

  Frères Chevaliers d'Héliopolis....

 

Nous avions ainsi le troisième volet du livre à paraître prochainement.

 

Notre idée initiale, était de prendre à notre tour le chemin de l'Echelle des Sages des Alchimistes, de mettre pied sur cet escalier qui est toute une école.

Dans le plan prévu, jusqu'à l'été 2010, il était question de répartir la matière en 9 chapitres, qui sont autant d'échelons.

 

A notre conception, trois échelons sont consacrés aux alchimistes, trois à l'école ou théorie, trois à la pratique, les conditions contemporaines de la pratique, l'avenir de cette vocation si particulière.

 

Dieu ou le destin choisira si les deux autres volets complémentaires de notre livre d'hommage à nos prédécesseurs paraîtront ou non.

 

Vous voici informés, et sachez que nous sommes de tout coeur avec les personnes sincèrement engagées dans cette quête si décalée avec le monde comme il tourne.

 

A bientôt, et qui sait, ce printemps dans le Var.

 

Rose_Nord_Cathedrale_de_Laon_181008_02.jpg

 

La  Philosophie ou l'échelle universelle de vie nommée : Alchimie .

Vitrail de Notre-Dame de Laon   du XIIIème siècle.

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 09:28

 

En cette journée du 5 janvier 2011, veille de l'Epiphanie,

 

nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie prochaine de notre livre d'hommage à nos prédécesseurs intitulé :  Fulcanelli exhumé.

 

Fulcanelli-exhume5.jpg

 

Vous trouverez toutes les informations utiles à son acquisition sur le site de la nouvelle maison d'édition créée par Mr Serge Goasguen, animateur du forum de la Pierre Philosophale.

 

Voici le lien pour trouver toutes les informations utiles

 

 

link

 

 

 

Vous trouverez sur ce site des éditions " La Pierre Philosophale " également les ouvrages de Walter Grosse : le Champollion portugais de Fulcanelli est aussi un alchimiste pratique, aspect généralement inconnu des lecteurs ;

de Nicodème ( à propos du maître breton de Fulcanelli ), explorateur des frontières de l'alchimie et du prophétisme (dans sa signification la plus noble) ;

et d'Etienne Badot dont l'éclairage sur un Hergé initié au symbolisme alchimique, ne laissera pas de surprendre tout lecteur curieux d'ésotérisme qui ne craint pas d'explorer d'autres voies.

 

Demain, j'écrirai quelques mots à propos du livre de Filostène, comment il a pris naissance (l'été dernier) et pourquoi il ne comporte que trois chapitres du livre envisagé initialement, l'an dernier.

 

Merci de votre attention

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 13:47
Epiphanie 2010,

Chose promise, chose due...

En ce jour de manifestation de la fête traditionnelle de l'Epiphanie nous devions accomplir cette parole, dans les limites du possible, quant à la pratique de l'Alchimie, selon la voie humide si longtemps éprouvée par Filostène Senior.

Epiphainô veut dire en grec : se manifester à la surface, faire voir, montrer, apparaître.

Le long chemin de la voie pratique ne se dessine nettement qu'après un très long stage, de la matière comme de l'artiste.

Et précisons-le, stagiôn en grec évoque le liquide qui s'écoule goutte à goutte.

Puisque nous avons donné dans les pages de ce blog, quelques aperçus sur l'approche physique de la préparation des matières, il faut recadrer et préciser différentes notions essentielles tant de la " culture " de l'alchimie que de sa pratique proprement dite.

Notre Maître nous donna quelques indications sur cette "culture" qui permettent de ne pas se tromper sur la chose alchimique.

Aucun livre d'alchimie ne révèle la pratique, ni dans son essence (qui se passe de paroles mentales mais est de l'ordre du Verbe en action) ni dans ses moyens, parce que le processus central est à la fois simple et toujours différent.

L'on doit la production graduelle, puis exponentielle des innombrables traités d'alchimie qu'à des impératifs de décentralisation des acteurs de la transmission de ce mode de connaissance.
Réservé à l'élite sacerdotale, initiée durant de longues années et dont la fiabilité était prouvée et éprouvée, le Sanctuaire central était la garantie essentielle du Secret nécessaire à la perpétuation de la Tradition.

Née en Egypte, parce que recueillie par cette terre si particulière de civilisations englouties depuis plusieurs siècles, l'Alchimie n'était que la science de la Théurgie des Métaux, qu'ils soient vils ou précieux.

Une fois la mission pharaonique achevée, dans la civilisation héllénistique, le problème de la transmission à l'extérieur du Sanctuaire se posa.
Le monde grec, témoin attentif de ce tournant de l'histoire des pratiques réservées à la caste sacerdotale, fut le premier à témoigner des fragments, des tessons de poterie sur lequels figuraient les  " formules symboliques et magiques " qui animaient la matière minérale. Ces fragments sot devenus des traités au bout de quelques métamorphoses.

A jamais, l'écrit alchimique n'a pour seule ambition que de servir les initiables, à les plonger dans des concepts à la fois si simples et pourtant invisibles, hors de la pratique métallurgique et de la chimie ordinaires.

L'image centrale et le plus vieux symbole applicable au cheminement concret de l'alchimie est   le LABYRINTHE.
labyrinthe-amiens-perspective-copie-1.jpg Ici vous reconnaissez le labyrinthe octogonal de la cathédrale d'Amiens.

Le rôle capital du labyrinthe est de vous plonger perpétuellement dans la doute. Et en contrepoint, de tester continuellement votre foi, sa profondeur, son équilibre.

Autres visions possibles du cheminement, sur supports variés :


labyrinthe-vegetal-circulaire.jpg                                                                                                                                                                                                                                                                    labyrinthe-en-bois-octogonal.jpg                                      



Chartres_Labyrinthe.gif ce dernier étant le labyrinthe de la cathédrale de Chartres.

Vous pouvez, à votre gré, soit glissez contre les parois du labyrinthe adossé à la muraille et attendre que votre main vous renseigne sur l'ouverture d'une porte possible.... C'est comme cela que font les praticiens matérialistes imprégnés de leurs certitudes quant à la réalité de la matière et dans l'estime d'eux mêmes se voient découvrir l'astuce pratique qui leur ouvrira un simple chemin vers le centre de cette figure énigmatique.

Vous pourrez aussi prendre une petite lanterne et vous guider sur les pas laissé par les devanciers, réduits au rôle d'imitateur de ..... " à la manière de Nicolas Flamel, de Cyliani, de Fulcanelli ou d'Eugène Canseliet ".....
Il est possible, à cause de la faible clarté de la lampe, de passer à côté d'une porte largement ouverte sans distinguer celle-ci parce que trop distraits par les écrits du Philosophe qui vous fascine....

Mais voilà : les écrits ne contiennent que des voies très partielles. A vous de comprendre d'abord de quoi il s'agit.
                                                                                                             Un Philosophe passe sans bruit à côté d'un long boyau obscur contre lequel ruisselle discrètement un filet d'eau épaisse, qu'il a détecté par la source située au dessus de la roche supérieure et qui sourd une eau claire et abondante. Il se dit qu'il s'agit d'un endroit propice pour découvrir un filon qu'il faut suivre quoi qu'il en coûte.                                                             Ce Philosophe, après avoir lu des auteurs réputés pendant quelques temps, s'est mis simplement à observer finement les phénomènes qui forment les frontières entre les états et les moments.
                                                                                                             Frontière entre le jour et la nuit, frontière entre le minéral et le végétal, frontière entre l'état solide et l'état liquide. Il a pris pour maître, l'absence de l'idée préétablie dans l'expérience. Il faut savoir transformer la foi en vision de l'invisible lueur. La faible et lente mutation qu'accepte la matière lorsqu'elle subit le feu froid du ciel. Lorsqu'elle se rénove avec la vapeur perlante de l'eau réapparaissante au chapiteau des alambics.
                                                                                                             Au sein du sanctuaire Egyptien, l'initié se charge des tâches artisanales et rituelles à la fois, de faire naître le Premier Mercure. Rien à craindre, juste une question de temps : il pourra lorsqu'il sera attentif à l'apparition de la vapeur mercurielle, sentir avec de nouveaux yeux, situés à l'extrémité de ses doigts, comment produire cette onde, la retenir en baissant le feu, la laisser envahir les lieux bas, se condenser encore et devenir solide, à la frontière solide - liquide.
                                                                                                             Comme tout artisan, le Philosophe cherche avec ses yeux invisibles, la permutation des formes matérielles par la Lumière discrète de sa Foi éprouvée. L'Alchimie ne parle que de çà.
                                                                                                             Filostène nous a demandé de choisir la matière la plus prochaine de l'Oeuvre selon notre Foi. Alors Galène, Stibine, Cinabre, Marcassite, Sidérite, Cassitérite ou autre métal seul : les 7 lumières de la Tradition, le septenaire qui domine tous les textes de la tradition Hermétique : les Planètes du microcosme alchimique permettent-elles l'heureuse manifestation du Signe des Temps ?
                                                                                                             Selon lui, toutes peuvent mener au centre du Labyrinthe avec succès !           Il en veut pour preuve que chaque métal, imparfait et parfait, contiennent le même noyau, la même moelle : l' HUMIDE RADICAL METALLIQUE. Sa conjonction avec le Feu ou Esprit igné toujours créateur, donne un nouvel essor à la nature métallique. Mais les procédés pour parvenir à résoudre tous ces métaux à leur humide radical se résument à trouver le dissolvant naturel par une destruction impitoyable de la gangue, par une évaporation forcenée des dangereux dragons ou esprits corrosifs, puants, répugnants.
                                                                                                           Il ne sortira qu'un fluide noir, peu commode à cotoyer, mais le vrai début de l'Oeuvre : Saturne. Le vrai, le seul. Et à vous de sentir comment le faire évoluer vers de meilleures conditions. La purification ne peut être effective qu'en vous d'abord, en Saturne ensuite. Revoyer toutes les lames cristallines du Splendor Solis du Trismosin.
                                                                                                             Lequel Trismosin, soit dit en passant, représente en son traité muet et si parlant, la synthèse du Grand Oeuvre tel que les Grecs médiévaux le transmettaient tout au long du Moyen Age. Son écrit princeps, perdu depuis, intitulé    HLIOS Lampomenos , Hélios Lampoménos,  ce qui se traduit : Sol Splendens en latin, le Soleil d'armes resplendissant. Le traité rebaptisé vers 1598 Splendor Solis, n'est malheureusement plus qu'un vestige atténué du récit à la fois muet et éloquent de son devancier écrit en grec yévaniste, si délicat à traduire sans trahir !
                                                                                                           Signalons le ricanement spécial du Maître lorsqu'on évoquait les traités imprimés ou manuscrits et le peu de confiance que l'on peut accorder au témoignage autographe de certains des auteurs classiques comme des obscurs ! Pour ne citer qu'eux : le faux Geber, celui de la somme de perfection si différent du Jabir arabe, le faux Nicolas Flamel, auteur des figures hiéroglyphiques, le faux Cosmopolite, parce que trahit par Sendivogius incapable de se hisser à la hauteur culturelle de son devancier sacrifié, et puis plus récemment le livre à trois mains que sont les deux Fulcanelli .... La Tradition, soulignait-il, est ainsi un défi constant à la qualité de l'écrit, parce que ce qui compte c'est le passage des symboles dans l'esprit du lecteur. Inattentif, celui-ci rejette d'office le traité d'alchimie, incompréhensible et contradictoire. Mais pour qui persévère, sans chercher le lucre, peu à peu s'éveille la rêve d'une vraie métamorphose. Proche de la source de vie.
                                                                                                             S'efforcer d'atteindre l'humide radical métallique demandera d'utiliser les bons sels, adéquats et bien préparés. Mais là se trouve le piège. Il existe une affinité spéciale de certains sels pour certains métaux, certains ouvrent et d'autres pas. Pour n'évoquer que le simple sel NaCl du commun, il est déjà évident qu'il sera impropre au Grand Oeuvre tel quel, à moins d'aller dans les marais salants quérir la fleur de sel, le meilleur cristal, dont la finesse permet d'avancer nettement en première recherche....                                                                                                                                                         Tout sera de même à la lumière de votre vocation : aurez-vous les yeux au bout des doigts des artisans Egyptiens dont la perfection formelle reflétait déjà la volonté de la caste sacerdotale d'appliquer la connaissance théurgique à toutes les manifestations visibles de la mission pharaonique ?                                                                                                                               Philalèthe est à lire et à relire avec beaucoup d'attention, parce qu'il est un des rares à ne pas avoir été trahi dans le passage à l'imprimé, puisqu'il était directement présent aux épreuves de ses écrits. Et il est le chemin royal, à qui peut le suivre, dans le contexte de la voie humide. Les deux auteurs qui se confondent dans les écrits majeurs de Basile Valentin, sont eux, les meilleurs guides pour les praticiens par la voie sèche, et peu importe qui ils furent. Au cours de l'avant-denier article, nous avons cité quelques oeuvres contemporaines qui peuvent apporter des précisions sur le Grand Oeuvre.
                                                                                                             Comme le précisait un ami philosophe italien dans un courrier récent :           " La Matière est Une, et seulement une. C'est notre minière.... Il y a UNE SEULE Voie véritable, UNIVERSELLE. C'est l'ancienne, mais elle n'est jamais écrite. Par aucun, même si peu d'Adeptes l'ont parcourue...                        UNA VIA, UNA RES, UNA DISPOSITIONE                                                 Aucun Maître ne peut enseigner cette Voie, jamais : c'est interdit par la Tradition. C'est un parcours individuel, qu'il faut découvrir tout seul. C'est difficile parce que ce n'est pas "logique".                                                 Mais Mère Nature, Elle, elle est simple. Beaucoup plus simple que l'on ne peut le croire.... "                                                                                                                                                                                                     Et je souscris totalement à ces paroles du correspondant Philosophe lointain successeur de Dante et de Virgile. 
A ces sages préceptes d'autres pourraient s'ajouter, en cascade des échos de cette recherche si passionnante et si déroutante. La solution est dans la fusion de votre esprit avec ce qui donne vie et la retire, avec les rythmes lents mais jamais interrompus, avec cette sensation si étonnante à la réflexion, que tout tourne à commencer par nous et nous ne le voyons pas. La proximité du vocable Hélios avec Elix, le mouvement hélicoïdal, vous plongera dans la vraie philosophie hermétique : celle d'un mouvement perpétuel, mais jamais identique.                                                                                      Parvenu au centre du labyrinthe, puissiez-vous y vaincre vos démons, les esprits destructeurs, armés d'un pentacle étoilé, bien droit devant la lance de Saint Marcel ou Saint Michel et puissiez-vous remettre en mouvement grâce à Saint Christophe, porteur du Christ, qui se plaçait face à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, autrefois lieu de croisement de tant de chercheurs de chrysopée ou argyropée .......                                                                  Alors, en trouvant la chambre du Roi et de la Reine, bien résolu à laisser agir la nature métallique, vous pourrez atteindre au seuil espéré.....
                                                                                                            En guise d'adieu à nos lecteurs voici deux des plus belles lames du Sol Splendens ou Splendor Solis.
                                                                                                         soli-lune-splendor-solis.jpg  
                                                                                                             splendor-solis-triple-etoile.jpg                                                                                                                                                                                        De la double étoile, une est en Terre, l'autre se contemple au Ciel des Philosophes. C'est là que désormais métamorphosé par le Signe ou Cygne blanc sur ce signe de l'Epiphanie, vous trouverez votre serviteur,en étoile réelle, Déneb Cygni, qui un soir de neige, culminait au sommet de son berceau.                                                                                                                                                                                                            Joyeuse fête alchimique et de la galette je vous souhaite la meilleure fève !  
                                                                                                               
 
  
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 10:17

PREAMBULE

C'est à nouveau, sous la direction de notre Maître Filostène, et par sa volonté renouvelée tout récemment, il y a deux jours (solaires), que nous présentons de manière philosophique un débat sur les acteurs contemporains (XXè siècle) de l'Alchimie française.

Nous regrettons de devoir d'avance décliner d'affronter toute polémique, critique, opposition documentée, autres témoins péremptoires qui pourraient nous contredire. Quitte à passer pour un heureux imbécile, nous avancerons dans ce témoignage, comme tous les Initiés qui nous ont précédés, devant notre Juge suprême : la pesée des âmes devant Osiris s'effectuera dans le silence de la tombe.

Dernier avertissement de ce préambule.
Nous étions dans l'obligation d'achever les points soulevés concernant l'énigme FULCANELLI, et de venir en appui à la mémoire d'Eugène CANSELIET, dont le souvenir est terni à un tel point par des auteurs divers, et même des amis ou puissants acteurs de la scène ésotérique, qui n'hésitent plus à le traiter de menteur, et ainsi d'effacer le souvenir de la correction, de la droitesse et de l'humilité qui caractérisaient cet alchimiste parfois nommé le "terroriste de Savignies" comme Jésus fut traité ironiquement de Roi des Juifs le jour de son calvaire.

Nous donnerons dans cet avant-dernier article un éclairage sur les notions à connaître sur l'Adeptat, dont l'obtention de la Pierre dénote l'ouverture du chemin sur lequel s'engagent les Elus de Dieu...

Pardonnez-nous d'avance le ton si sérieux mais les mises aux points résonnent toujours tels des Jours de Colère que ces jours-là.....

Que DIEU NOUS AIDE TOUS EN CE SIECLE ULTIME........


PREMIERE  PARTIE  : L'ENIGME  FULCANELLI.

Il existe une ligne de démarcation très claire dans l'interprétation qui peut être faite de l'énigme Fulcanelli.
De cette ligne, découle un postulat : ou bien Eugène CANSELIET (1899-1982) a apporté un éclairage correct, prudent, limité mais completé dans les dernières années de sa vie dans ses alchimiques mémoires, sur la personnalité authentique de FULCANELLI (1839-1925) ou bien, il protège un mythe fabriqué de toutes pièces.

En faveur de la première thèse, les défenseurs de la probité et de la dignité d'Eugène CANSELIET, il y a de nos jours de moins en moins d'acteurs de la scène ésotérique qui soutiennent encore la validité du témoignage de celui qui n'a pas hésité dès 1926 à publier les oeuvres de son Maître en s'intitulant disciple de FULCANELLI.

En faveur de la seconde, il y a aujourd'hui une légion de plus en plus nombreuse, qui récuse l'authenticité de ce qui a été affirmé par Canseliet.
L'article dans la Tour Saint Jacques de Robert AMBELAIN en 1962, ouvrit ainsi une ère d'incertitude qui n'a depuis lors cessé de s'étendre, ce qui eut pour conséquence de voir apparaître des affirmations de plus en plus variées quant à l'identité du mystérieux auteur du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales.
Dans son livre, bien documenté et bien argumenté, Madame Geneviève DUBOIS, ( " Fulcanelli dévoilé" chez Dervy en 1996, 216 pp. ) propose la solution suivante.

 

FULCANELLI serait un auteur fictif rassemblant les apports d'au moins trois personnes, bien réelles, qui seraient : Pierre DUJOLS de Valois (1862-1926), René SCHWALLER DE LUBICZ (1887-1961) et Jean Julien CHAMPAGNE (1877-1932).

 

Ce livre bien passionnant, fourmillant par ailleurs d'informations les plus variées sur les personnes connues et inconnues du gotha ésotérique du XXè siècle, présente Eugène CANSELIET,en conséquence, comme un simple gardien du Mythe élaboré sous l'égide de son ancien ami l'artiste et l'alchimiste Jean Julien CHAMPAGNE. Au-delà du décès de ce dernier, Eugène CANSELIET aurait ensuite alimenté la légende, au lieu de l'élucider et de faire la lumière sur la génèse exacte de ces manuscrits, si célèbres depuis, et aurait tû le rôle exact des protagonistes de l'énigme FULCANELLI.

 

Depuis 1982, date de décès d'Eugène CANSELIET, des thèses variées ont ponctué le débat proposant diverses élucidations. Nous renvoyons nos lecteurs, qui connaissent bien le sujet, aux moteurs de recherches divers, et aux livres qui ont fait références afin de voir l'étendue prodigieuse qu'a pris le mythe FULCANELLI.

 

Nous proposons de placer le livre récent de Jean ARTERO sur une étagère à part ! Publié en juin 2008, c'est le premier livre sur l'énigme qui présente hors de toute polémique, les thèses et les identifications possibles sous l'angle d'un débat interne et très documenté.

De Jean ARTERO, le lecteur ne pourra tirer le renseignement tranchant et définitif. L'auteur n'a pas eu en effet, l'outrecuidance d'imposer sa vision de la personne cachée sous le nomen mysticum !

 

Parcontre, le lecteur pourra être reconnaissant à l'auteur d'avoir sauvegardé la dimension exacte de la personnalité de FULCANELLI en évoquant soit à travers ses oeuvres, soit à travers ses relations et contacts avérés, celui qui aurait ainsi vécu selon les faits et pratiqué victorieusement l'Alchimie pratique au début du XXè siècle.

 

Et de cette dimension, hors normes, nous en venons au point exact du témoignage voulu par notre Père, et dont nous soumettons à la lecture les conclusions et l'argumentaire ad hoc.

 

 

FULCANELLI  ET LES  DE  LESSEPS

 

A l'époque de l'adeptat de FULCANELLI, et malgré la consigne du silence nécessaire, M. DAVID ( alchimiste né à Constantinople en 1881 et disparu en Belgique dans les années soixante, Grec yévaniste c'est à dire hébraiste ) se trouvait résider à Paris et avait servi de traducteur auprès de la communauté de Paray-le-Monial en tant que Kabbaliste, Juif et Grec oriental peu de temps auparavant, lorsqu'il entendit parler de l'adeptat récent d'un habitant de la ville lumière. 

En habitant Paris, le Baron de SARACHAGA le recommanda auprès de Pierre DUJOLS de Valois, et M. DAVID entendit parler en 1909 de : Vulcain Solaire, un Ami de DUJOLS, qui avait eu en cette année là  l'immense privilège d'achever le Grand Oeuvre. Auprès de DUJOLS, il fit aussi connaissance de Jean Julien CHAMPAGNE, artiste et hermétiste de talent, qui servait d'agent de collecte tous azimuts pour Pierre DUJOLS, sur des sujets tels que les hiéroglyphes sculptés sur les demeures patriciennes, dans les châteaux et les cathédrales.
M. DAVID servit un court moment (en 1911) de secrétaire et d'agent de Pierre DUJOLS au moment où l'état de santé de celui-ci vint à s'aggraver. Il y eut à ce moment le plus grand désordre dans les papiers du génial libraire et érudit. Ce flottement, qui ne dura que quelques mois, permit à DAVID de servir plus intimement et être utile, alors que dans le même moment, CHAMPAGNE prenait ses distances, reprenant aussi une certaine quantité de notes rédigées de la main de Pierre DUJOLS, provenant de ce dernier mais aussi de renseignements récoltés par René SCHWALLER de LUBICZ, par un jeune ami du libraire nommé Henri COTTON, d'autres amis encore...
En guise de remerciement, en décembre 1911, M.DAVID, reçut de Pierre DUJOLS une lettre adressée et écrite par Pierre DUJOLS à FULCANELLI , et portant témoignage de l'adeptat de ce dernier.
Cette lettre à l'état originel, était un double de la lettre parvenue à son destinataire. Cette lettre portait les mentions de visa diplomatique indispensables à son bon acheminement, d'un citoyen français à un ressortissant du personnel diplomatique en poste à Paris. 

Nous n'avons pas pour consigne de publier ici le double scanné de cette correspondance qui porte la véritable identité de FULCANELLI. Nous avons déposé cette pièce dans un coffre bancaire ! Il est donc inutile de venir nous cambrioler, comme Pierre et son frère Antoine DUJOLS eurent à le vivre à propos des preuves de leur lignage royal.
Ajoutons encore, que mis en possession de cette pièce depuis un peu moins de deux ans, nous avons demandé de faire vérifier par un ancien membre de l'ambassade de Belgique en poste autrefois à Hambourg, si l'on pouvait retrouver dans les archives de l'ambassade concernée une trace de l'identité et du décès officiel de ce réputé FULCANELLI. La réponse nous est parvenue fin du mois dernier et est positive.

Dans cette correspondance, DUJOLS félicite FULCANELLI et lui rappelle le maître en pratique alchimique commun qu'ils eurent trente ans plus tôt, dans la Bretagne des années 1880....

Cette lettre est datée du 11 avril 1911.

S'étonnera t'on de reconnaître ainsi le lignage philosophique commun entre l'érudit libraire et le savant effacé volontairement mais vivant au sein d'un vivier de relations à l'échelle internationale, sans mécène connu.... Et pour cause !
Rappelons que la famille patricienne la "gens" DE LESSEPS (gens au sens romain du terme) connaissait par les rameaux les plus divers de la science, de la littérature et de l'art, tant de personnalités aujourd'hui réputées par l'excellence de leur activité ou production.

Nous avons distillé par nos articles précédents et leurs commentaires assez de renseignements pour permettre au lecteur attentif de se faire une idée assez précise. Toutefois, pour la raison que vous devinerez, nous laisserons aussi l'identité civile de FULCANELLI dans l'ombre, COMME FULCANELLI L'A DEMANDE AUTREFOIS, ET EXIGE LE RESPECT DE TOUS EN TOUT TEMPS !


EN FAVEUR  D'EUGENE CANSELIET

De notre témoignage, il en découle un grand corollaire. Ce qu'a dit Eugène CANSELIET, par ses écrits, de son Maître est pour nous, parfaitement exact !

Ce que le Maître de Savignies a tu sur le rôle exact de Jean Julien CHAMPAGNE dans la génèse des livres est aujourd'hui dévoilé dans sa plus grande largeur.
Nous voulons dire ceci : oui, le Mystère et les Demeures ont bien fait l'objet d'une écriture collective. Les sujets et la démonstration spécifiquement alchimique proviennent du vrai FULCANELLI. L'idée de prendre les cathédrales puis les demeures comme fils conducteurs des ouvrages, revient à CHAMPAGNE, lequel a été alimenté par DUJOLS et accessoirement par SCHWALLER de LUBICZ, dans un flux de notes, parfois remontant aux années 1890 (fonds DUJOLS largement pillé dès 1911).

De ceci, Eugène CANSELIET était parfaitement au courant, et donc, s'est tu par respect de la consigne du silence sur les deux points : l'Adepte et ses livres. Il reçut les manuscrits quasi finis, les réécrivit ensuite, et la publication fut initié par CHAMPAGNE et par CANSELIET ( l'épisode du contact avec SCHEMIT le libraire-éditeur des Fulcanellis fut sans doute plus vraiment raconté par AMBELAIN que par lui).

Le Maître de SAVIGNIES respecta toujours cette consigne, et effaca rapidement les traces d'un CHAMPAGNE alchimiste pour éviter la confusion définitive avec l'Adepte.
D'autre part, il prit fait et cause, parfois de manière indéfendable, pour des opinions mal étayées de Jean Julien CHAMPAGNE, qui se trouvent dans les deux livres si célèbres de son Maître. C'est donc sciemment en porte à faux, que le Disciple Eugène CANSELIET poursuivit coûte que coûte l'argumentation telle que nous l'avons dénoncée dans la description de la sculpture de Saint-Marcel.

D'autres erreurs ont entaché le magnifique témoignage des oeuvres parues sous le nom de FULCANELLI, mais quoiqu'il en soit, l'essentiel de ces livres forme un magnifique écrin pour la pérennité de l'Alchimie, dont il faut rendre à Eugène CANSELIET l'hommage qui lui revient. D'avoir ainsi maintenu l'étendard de l'Alchimie opérative dans une période peu encline à la favoriser reste méritoire pour tous nos contemporains. L'engouement que provoqua son témoignage si ancré dans une connaissance profonde et une érudition pointilleuse, reste méritoire.

 

IN MEMORIAM  EUGENE CANSELIET  : QUE VOTRE AME SOIT DONC RESPECTEE ET QUE VOTRE REPOS NE SOIT PLUS TROUBLE.


ADEPTAT 

La lignée française poursuit sa transmission, et nous espérons avoir montré qu'il n'y a pas matière à confondre les deux rameaux issus de Maîtres authentiques, tels que le furent FULCANELLI et Eugène CANSELIET, ou Pierre DUJOLS et Henri COTTON-ALVART, puis Henri La CROIX-HAUTE à leur suite.... Et nous laissons la question de déterminer qui poursuit le rameau de Fulcanelli.

Nous voulons maintenant approcher la question de l'Adeptat.

La possession du Don de Dieu aussi connu sous la dénomination actuelle de Pierre Philosophale et ancienne de Pierre des Philosophes, propulse définitivement l'Homme sur une nouvelle marche de l'Escalier des Sages.

Après les années de travail, de doutes, vient le temps des certitudes. L'approche de cet état permanent se fait parfois à la fin de la vie, parfois dans la maturité même.

Pour notre Maître, en possession de la Pierre depuis 1976, l'Adeptat se déroule en deux phases de vie. Une première, lors des premières années, est très perturbatrice, et est souvent génératrice d'accidents. Les déjouer demande aux Adeptes une prudence incommensurable. Déjouer les pièges de l'esprit négateur n'est pas donné à tous. Le COSMOPOLITE en 1603, vécut à ses dépens, un enfer sur terre, dans son corps de chair.
Au lieu de se dissimuler, il fut missionné et apporta en Europe Continentale les preuves de l'efficience de la Pierre.
Mais il savait, en tant qu'Adepte, que mourir dans la chair n'est pas un échec absolu. C'est même une possibilité supplémentaire offerte par la Providence !

Car le merveilleux de l'Etat d'Adepte c'est de pouvoir, tel le Christ, renaître de ses cendres ! Phoenix vivant, il peut apparaître et disparaître selon l'Esprit Saint et se manifester dans la réalité comme dans les rêves des simples mortels.
Il s'agit alors d'Adeptat en corps de Gloire. Cet état est celui qui a été décrit et vécu par Eugène CANSELIET au contact de FULCANELLI en Espagne en 1952 ou 54, et aurait été revécu dans la première moitié de la décennie soixante.

Telle est notre Foi. En le Christ la vérité. En Saint-Jean, le disciple que Jésus aimait, les témoignages d'une part en son Evangile, de l'autre en sa Vision à Patmos, vision et révélation d'Apocalypse.

Il y a actuellement sur Terre, dix Adeptes en leur corps de Chair, et plusieurs autres, en corps de Gloire. 

Que Dieu nous vienne en aide, devant cette vérité qui fera toujours scandale et remous dans le coeur des hommes.

Nous cloturerons définitivement par un dernier volet sur la Science Médullaire d'Alchimie.

En guise de salut, un petit classement de nos auteurs classiques préférés.
C'est personnel et n'engage que Filostène junior !

Aux amis d'Alchimie, je préconise de lire et relire incessament les auteurs suivants : 

L'Entrée fermée au Palais Fermé du Roi de Philalèthe ;
Les 12 clefs de la Philosophie  de Basile Valentin ;
Summa perfectionis magisterii de Geber (latin) ; 
La Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste ;
Les extraits conservés de Zozime de Panapolis ;
Le Grand Rosaire d'Arnaud de Villeneuve ;
Atalanta Fugiens de Michael Maier ;

dans les modernes  (de l'ère du Verseau soit après 1770) :

le Grand Oeuvre dévoilé de Coutan (1775)
Hermès Dévoilé de Cyliani (1832)
Clefs des Oeuvres de Saint Jean et de Michel de Notredame par M.A.de Nantes (1872)
Les Deux Lumières de Henri Cotton-Alvart (1996)

Ensuite, pour l'aspect culturel et pour l'approche de toutes les disciplines qui puisent leur source en l'Alchimie :

Le Mystère des Cathédrales et les Demeures Philosophales de Fulcanelli (1926 et 1930) en tout premier lieu suivi de près par les cinq oeuvres majeures d'Eugène Canseliet : Les deux logis alchimiques (1945) ; Alchimie (1964) ;
Le Livre Muet et son livre d'images (1967) ; l'Alchimie expliquée sur ses textes classiques (1972) ; Trois anciens traités d'alchimie (1975).

Puis, tout ce que vous aurez envie de lire, découvrir et aimer.

Salutations en Hermès à tous.




 

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 06:26
Nous reprenons ici le fil de notre discussion sur les aspects humains de l'aspirant à l'oeuvre d'alchimie, et sur sa finalité, son but et sa destinée.

N: - Pourriez-vous à présent me dire de façon plus précise, quelque chose du choix des matières qui généralement obsède, au stade de la lecture, tout aspirant à l'oeuvre d'alchimie ?

P: - A ce choix des matières, il vous faut d'abord connaître le but que vous vous proposez d'atteindre.

N: - Si c'est la Pierre, pourquoi ne pas répondre alors à ma question ?

P: - Pensez-vous que la Pierre soit le but suprême ?

N: - Pas forcément le but suprême, mais en tout cas le cap à atteindre et pour lequel il n'est pas toujours assez d'une seule vie....

P: - Et pourtant, vous pourriez la faire en quelques mois ou quelques années au plus, si vous aviez les matières, la connaissance du modus operandi, si vous étiez disposé à accomplir tous les efforts, en vous-même et sur le terrain et surtout si vous pouviez répondre à ma question précédente.

N: - Oui, mais voilà, je ne vois pas encore de quoi vous voulez parler !

P: - L'alchimiste est-il simplement un tritureur de minerais, un distillateur de poisons, un brûleur de charbons ?

N: - Certainement que non, il aspire à retrouver la Lumière incarnée !

P: - Et voilà qui est mieux, pouvez-vous préciser votre pensée qui, maintenant, va dans la bonne direction ?

N: - Si j'entends bien, il est question par la pierre de retrouver le chemin menant à l'Adeptat, état nouveau dans l'évolution spirituelle de l'homme.

P: - En un sens c'est vrai : l'homme qui parvient à mener à terme l'oeuvre de la Pierre au rouge, a le devoir d'en vérifier l'effectivité. Mais dès l'instant où il a vérifié ce nouvel état du Corps Esprit, il doit renoncer à l'enrichissement matériel, trouver une nouvelle direction à ses recherches, dès lors qu'il a en son pouvoir de développer nombre d'applications nouvelles qui peuvent aider son prochain, dans la Tradition.

N: - Dans la Tradition ?

P: - Vous l'avez lu, la manifestation de tous les Adeptes est immuable : servir le Christ et son Père dans le soin et la discrétion absolue sont la règle de la Tradition. Charité, dévouement, consolation des affligés. Ils sont légions sur la Terre qui gémit sous le poids de la haine.

N: - En quoi l'Adepte intervient-il dans le grand combat entre les puissances d'en-bas et en Témoin de la Lumière Divine ?

P: - Nous voici parvenus au coeur de notre entretien !
Il est vrai qu'il faut bien comprendre les choses de la destinée. Nous voyons par le récit des Anciens, nombre d'adeptes livrés en apparence, à la fatalité d'un fin peu enviable, dont le Cosmopolite est un exemple manifeste.
Pourquoi, si l'on pense que l'Adepte est parvenu par son travail, à un stade d'omniscience et d'infaillibilité du jugement, allez se jeter dans les bras de puissants princes sans scrupules dont la seule ambition est de s'enrichir et tenir toute la terre en son pouvoir ?

Ici, il faut apporter des nuances d'interprétation. Dans son récit (voyez Novum Lumen Chymicum) Le Cosmopolite explique qu'il fut poussé de lui-même à quitter son Ecosse discrète en se rendant en Europe continentale, se manifestant à travers une mission de contacts divers ayant pour but de renouveller la connaissance de la Pierre, à une époque très démoralisée dont vous ne pouvez avoir de notions sans connaître en détail les guerres à répétition que se livraient alors toutes les nations et parties de l'Empire avec la France, l'Angleterre, l'Espagne, mêlant guerres des puissances temporelles et guerres de religion.

Le Cosmopolite prit des risques apparamment inconsidérés et finit misérablement en géôle, torturé à plusieurs reprises. Le second Cosmopolite, intervenu à la fin de la vie de son Maître vénérable, Alexandre Sethon, fut alors, dans la plus grande simplicité investit du rôle de sauvetage de cette mission. Evadé dans la pure tradition des romans d'aventure, l'Ecossais Cosmopolite expira quelques jours plus tard.

N: - Voilà donc où échoue la clairvoyance tant vantée à la dernière planche du Mutus Liber ?

P: - Vous y êtes !!! Là, exactement, vous avez associé mon récit avec vos connaissances livresques passées au stade d'intuition !!!!

N: - C'est à dire ? !!!!

P: - Occulatus abis, souvenez-vous en bien !






N: - Et oui, et alors ?

P : - Ici voyez en vous-même et souvenez-vous d'une parole répétée de génération en génération tout au long du fil de la Tradition : la comparaison du sort du Christ et celui de l'Adepte est flagrante !
En des termes plus actuels, disons clairement que l'Adepte peut soit opter pour vivre indéfiniment de son vivant ou il accepte le sort du Christ et alors se produit la chose interdite !

N: - La chose interdite ?

P: - L'Alchimie est un plaidoyer vivant en faveur de la suprématie spirituelle et dépasse la religion en la prouvant matériellement !

N: - Mais la chose interdite ?

P : - Que vous ayez opté pour la vie prolongée ou pour le décès naturel, votre corps reste alors en tant que matière première d'un autre Grand Oeuvre !!!!

N: - C'est à dire ?

P : - Que votre mue soit retardée ou non, elle sera sous le contrôle de votre esprit en accord avec ce que l'Esprit vous dictera : d'où le fait que le sort apparent des Adeptes semble si dissemblable.

N: - Vous m'ouvrez là d'immenses perspectives, Maître !

P: - Prouvez-vous à vous-même que vous puissiez effectuer le chemin, dès qu'il vous sera possible et venez rejoindre le cercle des Deux Lumières.

N: - Parlez-vous soudainement du livre d'Henri COTON- ALVART ?

P: - Les termes sont les mêmes et il est évidemment aussi question de ceci chez ce philosophe accompli, qui est resté dans la ligne pure de la discrétion qui permet cette réussite...
Mais je voulais parler des deux cercles inhérents au destin des Adeptes, mais cela ne peut être écrit.

N: - Alors, que peut on encore en écrire ?

P: - Conformément aux Saintes Ecritures, et celà est en réalité valable pour toutes les vraies spiritualités, orientales comme occidentales, qui proviennent toutes de la même Source Lumineuse, il existe bel et bien un combat eschatologique qui est loin d'être indifférent sur cette sphère terrestre.

N: - Combat des puissances d'en-bas contre celles de Dieu ?

P: - Exactement, et la position du Philosophe par le Feu, puis de l'Adepte est cruciale sur ce champ de combat !

N: - Que peut faire l'Adepte ?

P: - Outre ce qui a été signalé ici plus avant, dans notre dialogue, il peut faire régresser la géhenne en générant les sources de la santé, de l'équilibre chez les plus faibles, leur redonner anonymement la dignité que la géhenne tend à leur arracher pour les disloquer définitivement. Et Dieu nous est témoin que les progrès technologiques, les divertissements, la perversion de la sexualité, les jeux et paris, sont autant de champs où se déploient les forces négatives pour anéantir toute dignité humaine, l'aliéner à ses valeurs fondamentales.

N: - Nous sommes là entrés sur le terrain de la morale sociale.

P: - Tout se tient en effet. Mais réfléchissez bien et ne perdez jamais de vue que tous les efforts comptent. Même loin du laboratoire, pensez en permanence à signer votre vie avec des intentions qui dignifient l'homme et abrègent la souffrance plus tôt qu'à cette indifférence mortelle de l'époque actuelle qui a tout mélangé et tout obscurcit en même temps.

N: - Le conseil vaut de l'or en effet !

P: - Avant de prendre congé, vous aurez remarqué qu'en connaissant le but que vous vous assignez, vous pouvez mieux chercher les matières les plus prochaines à débuter votre oeuvre.

N: - Il nous reste en somme à sonder les candidats à l'oeuvre de même manière que nous avons écouté notre coeur nous mener au combat.

P: - En effet, il s'agit bien de celà, vous voici aux portes de l'expérience....


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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 16:18

En cette soirée d'équinoxe d'automne, le moment est venu de préciser les symboles et les actes qui peuvent soutenir l'effort à l'entrée du Labyrinthe hemétique.

Il y a six mois, nous faisions irruption par un écrit sur la statue de Saint Marcel.

Le signe du Bélier, premier du Zodiaque est dévolu à la sphère de Mars, première à l'extérieur de l'orbite terrestre : sortie dans l'action, feu rupteur des status quo, dynamisme et entrée dans la période des travaux par voie sèche.

Le spiritus devient ignis. Retenons ce Verbe : I GNIS ou Génèse en I ! ce qui vous semblera ne pas dire grand chose à cet instant.

En mars, le Feu du Ciel se met en mouvement pour venir intensifier le combat de la végétation triomphante en se dégageant progressivement du froid de l'hiver qui tente souvent de revenir (giboulées, brusque inversion de température) s'imposer mais le printemps vaincra.

In hoc signo vinces.  (Labarum de l'Empereur Romain Constantin rallié au Christianisme enfin organisé).

Le sceau de Mars (Marcel) est un long travail pour le labourant en Alchimie, il ne se conquiert qu'après un long combat entre protagonistes minéraux et métalliques, comme vous le savez déjà.

Mais nous sommes aujourd'hui en automne.

IGNIS et AZOTH tibi sufficiunt. Feu et Azoth te suffiront (à l'entière animation du travail philosophique).

Le septième mois zodiacal correspond au signe de la Balance. La sphère de Vénus lui est attribuée. Grâce de la fin de saison, équilibre des nuits et des jours, mais un déséquilibre se crée au fil des jours. La nuit l'emportera, introduisant une rupture dans le cycle de la végétation, la tempête et le vent balayeront les cîmes des arbres aux feuilles épuisées mais irradiant leurs feux colorés dans une fin de saison, toute en beauté et en nostalgie profonde....

L'axe de ces deux signes, BELIER -  BALANCE est un axe FEU - AIR  et c'est ici un des deux axes dits CARDINAUX parce qu'ils sont des portes qui ouvrent un nouvel influx saisonnier et cloture le précédent.

La génèse du Feu, porte du printemps (dans l'hémisphère nord) ce FEU CARDINAL  ou premier, concerne le mystère de Pâques dans le cycle Chrétien.
Jésus est venu mettre le Feu dans les choses : feu descendant dans l'intimité des êtres doués de la capacité de s'animer, de croître, de végéter.

Le Bélier est le symbole générique de la race caprine, parmi laquelle l'AGNUS agneau mystique est le véhicule des ondes supérieures par son "manteau" nommé Toison (d'Or puisque le Bélier exalte le Soleil combattant et plus tard victorieux).

AGNUS  - FEU INCARNE - FEU DIVIN

MARS - MARS SEL - SCEL DE MARS 

Ici, contrairement à Henri COTON ALVART, Philosophe par le Feu très estimable à de nombreux titres, FILOSTENE classe ce signe sous l'intelligence du plus précieux des feux sur Terre : l'OXYGENE !

Et pour cause : essayez d'animer quoique ce soit sur Terre sans cet esprit premier dévoué à la vie, un des plus universels, le second agent gazeux (nous reviendrons plus tard à VAN HELMONT, notre compatriote) de notre bonne vieille planète présent dans l'atmosphère et dans l'écorce terrestre.

La Balance signe d'AIR, et quel AIR, puisque ce temps de fin de cycle marque l'arrêt de la croissance chlorophylienne (en hémisphère nord répétons-le) et vient en apothéose marquer l'atmosphère d'une fine douceur, mais le froid et le nocturne sont de retour.

Cette fois encore contrairement au bon Philosophe Henri COTON ALVART, notre Maître FILOSTENE attribuait à ce second rang des esprits nécessaires à toute vie, l'AZOTE composant majeur de l'AIR atmosphérique (à 79 % rappelons-le).
Si le nom scientifique d'AZOTE (le modérateur de l'air et non : privé de vie comme le répète à l'envie les dictionnaires) ne vous convainc pas, reprenons son ancien nom de NITROGENE ce qui lui donne une équivalence à OXYGENE.
Rappelons que le nom d'azote a été inspiré à LAVOISIER par ses nombreuses lectures alchimiques, et par un milieu très éveillé en matière de symboles et de réflexion sur les forces de la nature.

Nous avons employé le terme " esprit " pour désigner les deux gaz les plus répandus dans l'atmosphère et qui accompagnent toute vie qu'elle soit minérale, végétale ou animale. Il s'agit bien sûr d'esprits seconds, mais indispensables à toute minute de la vie : ils créent et détruisent incessament se mêlant à toutes les opérations matérielles de l'alchimiste.

Ces "serviteurs fugitifs" seront toujours conviés dès qu'il s'agira d'animer les matières. Vous savez déjà comment les adjuvants salins (merci encore à Eugène CANSELIET pour sa mission aujourd'hui achevée de nous avoir mis sur la route des Sels ) font aussi intervenir les mêmes serviteurs aériens.

Afin d'achever la CROIX CARDINALE et pour mémoire, complètons par l'AXE DES SOLSTICES avec le Signe zodiacal du CANCER et la sphère de la LUNE, ainsi que le troisième "servus fugitivus" Esprit de l'EAU  : l'HYDROGENE, gaz dont la dimension universelle n'est plus à démontrer, enfin le Signe zodiacal du CAPRICORNE et la sphère de SATURNE, le quatrième Esprit étant celui du gaz CARBONE.
Notons que pour cet axe, Henri COTON-ALVART et FILOSTENE sont en accord parfait !

Avec ces quatre points de repères, créateurs de cycles tant biologiques que minéraux, nous pouvons nous orienter et normer des rythmes qui ont un ancrage tant dans l'être en action, que dans la matière à "réveiller".

La Philosophie hermétique est à bon droit nommée Philosophie par le FEU.

I GNIS A ZOT , les deux temps majeurs du cycle total de vie-mort et renaissances successives.

L'acte fondateur pour animer les métaux est de nature cyclique, mais aussi circulaire !

Prendre un point central, une corde pour normer un rayon de cercle, à son extrémité tracer au sol un arc de cercle complet et vous aurez une "Sole" où faire rayonner creusets et ballons en animant la matière.

I N R I Igne Natura Renovatur Integra : c'est encore revenir sur les lignes précédentes en insistant sur l'aspect Divin mélangé au Feu terrestre.

I Rouge donne en correspondance le voyou de voyant Arthur RIMBAUD en son sonnet VOYELLES ( les voix du Soleil ? ).

I pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;         
( page 53 Poésies dans Oeuvres complètes d'Arthur RIMBAUD Bibliothèque de la Pléiade Gallimard 1976)

 

Relisez Eugène CANSELIET dans Alchimie qui en donna la gnose....

 

 

Mais où est le FEU SECRET  ?

 

 

La réponse sera sans doute un peu entendue : en dessous de vous, en vous et au dessus de vous.

 

Le géomagnétisme, les courants telluriques, possèdent une des trois clefs de ce fameux feu.

Sous l'écorce terrestre, dans le fameux "manteau" terrestre, se trouve un des plus formidable réservoir de feu que l'on puissse envisager.

En nous-même, parce que l'opérateur doit accomplir un travail majeur, l'initiation au Feu sous toutes ses formes, et dans la rencontre avec Dieu, qu'il touche en lui-même par le sacrifice de sa recherche incessante de la pureté des matières, épreuve aussi ardue que lente et infinie dans sa longévité.

Le Feu et sa maîtrise est l'apanage de l'Homme.

Au dessus de nous, le Feu céleste, rayonnement ou foudre, éclair ou lumière lunaire. Des Esprits d'au-dessus des eaux supérieures (ionosphère) se frayent un chemin vers votre "sole" et vous n'en connaissez jamais les paramètres.

Seuls les cycles nous sont connus, les "météores" supérieurs sont imprévisibles.

Plus près de nous, dans la troposphère, il y a toute une gamme de manifestations du Feu céleste et vous en connaissez beaucoup dont le pistage dans les cycles des éléments (air- terre - eau) est un apprentissage très éclairant !

Maintenant, au creuset !

Prenez 300 grammes de Stibine (même brute mais non grillée, naturelle),
chauffez la jusqu'à sa température de fusion, laissez fondre et observez au bout de dix à quinze minutes la surface du bain.
L'eau de Stibine vous montre dans un ballet tournoyant, la naissance du système solaire, les billes planétaires, et aussi dans l'autre échelle, le tournoiement incessant des électrons autour des noyaux métalliques. Cette simple chauffe suggère que les phases luminescentes des cuissons ultérieures bien plus élaborées serviront de signes à déchiffrer, de symboles observables comme le disait René ALLEAU.

Ce tournoiement, n'est-il pas évocateur de la procession mystique des croyants musulmans autour de la Ka'Ba lors du rituel pélerinage de la Mecque ?
Et du tournoiement des Derviches, afin de sustenter la montée du feu mystique et l'hymne au créateur ?

On trouvera nos exemples sans rapport précis avec la recherche du Feu Secret mais qui sait ?

On peut revoir, en guise d'autre illustration du principe giratoire, l'expérience que nous avons relaté sur la préparation canonique des deux sulfures lors de notre précédant article.

A cette heure de l'automne naissante, les matières (en voie humide uniquement) qui ont connu la sustentation ignée, décrite sous le terme d'assation, sont confiées pour une durée de 45 à 90 jours, au sous-sol, près du lit d'une rivière, dans une dame jeanne de 5 litres, environnée de 3 à 5 kg de fumier de cheval ou de vache formant un nid fermentant, dont la vertu ignée sera exaltée pendant environ trois semaines avant de décroître à l'approche des froids hivernaux.

Ainsi lentement démaillé, le tissus cristallin habituel laisse place à des creux, des niches propices à être visitées par les ions négatifs si propices à la qualité de vie sur terre. Alors, l'an suivant, par voie humide, il est possible de faire entrer enfin en jeu les rayonnements supérieurs (supra ionosphériques) qui seuls " travaillent " les métaux et minéraux pour les doter de nouvelles propriétés.

Transition progressive vers le second oeuvre humide....

Avons-nous pu aider le lecteur à se faire une opinion sur ce que peut vouloir dire  " l'appel du Feu secret " ?

Ceci n'est qu'un simple aperçu de l'approche de ce fameux symbole, rédigé avec nos faibles moyens.





  

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 16:36

Puisqu'il y a une terre où s'accomplit l'oeuvre du Philosophe, voici cinq images des lieux désormais orphelins des singuliers travaux (en grande partie nocturnes) de Filostène.

Les lieux se choisissent d'eux-mêmes.

Ils nous retiennent.

Nous y retournons pour y puiser la poésie et donc la force créatrice nécessaire à prolonger la voie.

L'eau aidant.

Filostène y vécut de 1955 à 2008.


La Pierre des Philosophes : une étape et peut-être une fin.



Que faire sans Elle ? C'est d'Elle que procède l'influx et la prier nous rapproche de la Source de toute vie.



La Source. Et parmi les eaux à choisir, ne négligez pas les eaux sousterraines aux vertus variées, les plus idoines aux opérations des philosophes par le Feu.




Ce Saint évangélisateur (voir Légenda Aurea) veille à jamais sur la Source qui autrefois abreuvait maints pélerins. Une simple étape et un réconfort avant de poursuivre le chemin....




Avant de partir, retournons-nous un instant devant ces lieux qui nous furent si familiers, où le Philosophe recueillait autrefois la rosée matinale et de cette simple cabane où se déroulaient les travaux extérieurs....














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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 14:48

L'article proposé aujourd'hui est une introduction à la pratique de la voie humide dans ses nombreux paramètres.

Les conditions du travail concret obsèdent en général les néophytes qui n'ont pour bagage qu'un nombre plus ou moins copieux d'heures de lectures des auteurs, qu'ils soient classiques ou non.

Et la perplexité de trouver un cheminement opératoire qui ne soit pas la simple répétition, voire le pur mimétisme des procédés entrevus chez quelques auteurs, dans l'aveuglement total, puisque la porte du labyrinthe est bien fermée et même difficile à définir.

A la nécessité de la lecture s'est ajoutée l'impérieuse capacité à philosopher simplement en allant de la nature ouverte à la nature secrète.

Sans anticiper sur la suite du dialogue entre le néophyte et le philosophe qui reviendra sur les aspects théoriques de l'alchimie en prémices à la pratique, le moment est venu de reprendre le fil du témoignage laissé par Filostène.


Lorsque le moment est venu, nous avons franchi la frontière entre le parfait béotien que nous étions et avons été plongé dans l'expérience sous les directives du Maître.

Perplexe, car la première expérience n'avait pas de portée immédiate. Simplement, c'était une prise de contact physique avec des matériaux bruts qui, dans l'esprit de la philosophie hermétique, doivent eux aussi retrouver un sens, une direction, par des modifications de structure profonde, à travers une harassante confrontation.

Le vendredi 14 janvier 2000, arrivé à la maison qu'occupait Filostène dans la région de Gedinne vers les onze heures, et lorsque le soleil est parvenu au méridien (véritable avec équation du temps comprise) le Maître me présenta l'opération, les matériaux en présence, et les instruments pour opérer.

Il s'agissait de fragments de stibine et de galène, répartis dans une proportion de 3,5 à 1 (pour ce qui est du poids) en présence de graviers de calibres variés (granulomérie d'une échelle entre 1 et 60) et à réduire en plusieurs étapes à l'état de tous petits cailloux au diamètre ne dépassant plus le demi millimètre.

La première partie consista à concasser au marteau (mailloche d'un bois extrêmement dur) les fragments pour en diminuer la taille en prime approche.
Les cristaux rompus, la deuxième étape est, comme prévisible, le broyage à cru et à froid, au pilon de bronze, phase qui ne dure que quelques minutes.

Ensuite commence la phase la plus importante et donc forcément la plus éprouvante.
Muni d'un tamis circulaire, comparable à celui des orpailleurs, que nous pouvons évidemment corréler au " van " des chercheurs ou des agriculteurs, nous avons mélangé les fragments de stibine et de galène déjà réduits en petits cailloux, avec les graviers et une quantité de sable du Rhin (utilisé en construction) le tout animé d'un mouvement rotatoire par les bras ouverts pendant des périodes de 6 minutes. De légers temps de repos et puis continuer et celà pendant à peu près six heures en tout !

Un filtrage à l'eau de source pour trier les minéraux des matériaux abrasifs puis la reprise du même processus.

Ce travail fera sourire le lecteur, mais un des points essentiels est que la fatigue des matières (parallèle à celle de l'opérateur) s'inscrive dans un double mouvement : celui des matières "promenées" circulairement et celui des sphères célestes sur lequel il faut donner les paramètres.

Ce jour là, la quadrature du premier quartier de lune de l'hiver commençant intervient vers la mi journée. Les heures de travail s'insèrent ainsi dans une phase d'affirmation du cycle de la lunaison, entre le premier quartier et vers la pleine lune.

Les matières sont donc ainsi progressivement affinées avant toute intervention des deux éléments transformateurs : EAU et FEU.

La phase suivante, sept jours plus tard, consista à chaufffer légèrement les deux sulfures jusqu'à 70 ° C en les ayant mélangé avec de l'eau de source.

N'a t'on pas fait assez remarquer en alchimie, l'importance vitale de la qualité des eaux utilisées, surtout à notre époque d'intense pollution ?

Il y a trois types d'eaux susceptibles de nous intéresser : les eaux célestes, l'eau pluviale, les eaux de source. 
Le travail des deux premières est des plus ardus actuellement. 
Selon la situation géographique du laboratoire, il faut se méfier des premières eaux pluviales qui interviennent après une phase de sécheresse plus ou moins prolongée. On peut par contre travailler avec une eau tombée en régime de pluie continue, dans les heures qui suivent le début de l'averse.
La filtration est nécessaire.
L'eau céleste qui provient de la condensation nocturne est la plus subtile et la seule sur laquelle les philosophes contemporains ont donné une approche plus ou moins précise...
Sur cette eau, à prendre canoniquement, soit entre fin mars et mi juin, il faut toutefois craindre la présence de pesticides au sol, qui fait dorénavant préférer la récolte en suspension ou en tout cas sans contact avec l'herbe souvent souci de pollution multiple.

L'eau de source, dont celle qui se trouvait à moins de trois cents mètres du laboratoire de Filostène peut servir d'exemple de très bonne qualité, est une excellente réplique au problème de filtration.
Il sera indispensable de déterminer les cations minéraux présents parce que leurs affinités avec les grands frères minéraux vont aider ou freiner la véritable "ouverture" du cheminement des opérations proprement dite.

Nous venons, de manière très peu voilée, de vous parler d'un début de pratique par voie humide, de ce qui sera dans un cycle suivant l'assation réellement réalisée.


Revenons un moment sur ce type de travail face à vous même.

Essayer de passer d'un caillou compact (qui résiste aux frictions mécaniques classiques) à un minéral réduit progressivement à l'état d'une poudre glissante pareille au talc, aura nécessité du temps, de l'énergie motrice répétée avec l'obstination et la sueur indispensable à la fatigue interne. Celle des deux métaux est toute relative pour ces deux protagonistes de l'oeuvre qui se cachent encore avec leurs "dragons" puisqu'encore à l'état de sulfures vulgaires.

ASSATIO

Le travail a repris régulièrement ensuite, de semaine en semaine, vers les phases lunaires, pour ce qui est de la préparation initiale, et puis au second cycle de lunaison (le  12 février 2000 en l'occurence) les ballons de verre avec toujours ce mélange des deux sulfures qui sont cette fois laissés dans leur jus, dans une douce cuisson comparable à celle déjà décrite par Canseliet dans son évocation de la même phase.

Filostène préferait les 50°C aux 40 souvent suggérés. Parcontre, il faisait intervenir un matériau spécifique en guise de nid à savoir une chaux faite de sable et de silice préchauffés et mélangés à de la glaise provenant des environs immédiats de l'eau de source évoquée.

Le cycle de l'assation se poursuivit ainsi jusqu'au 20 mars qui coincidat cette année avec la pleine lune exacte (et donc six jours avant la date de Pâques).

Nous vous laissons quelques temps avant de revenir sur ces prémices opératoires à l'oeuvre en voie humide.
  

  

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