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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 05:49

Du " décrassage " des métaux et minéraux par voie humide.

 

A votre question, Pierre, il y a évidemment deux types de réponse possibles.

 

Le premier, le plus convenu, le plus simplement "scientifique" est la possibilité rationnelle d'enlever les substances hétérogènes, provenant de l'environnement minier duquel est extrait le métal ou le minerai à traiter.

 

Il s'agit alors d'éliminer la gangue de substances minérales qui n'apportent rien puisque l'objectif visé est le "dégagement"  du métal ou du minéral, de façon à l'obtenir isolément, d'obtenir le métal dit par la science : " pur ".

 

Donc, le travail est souvent par voie sèche, de façon très aérée, de chauffer l'échantillon à traiter, en laissant tout d'abord s'échapper les vapeurs toxiques, en augementant graduellement la température. La liquation obtenue, on peut par décantation, obtenir les poussières inutiles, et retirer à chaud, un premier liquide de métal. Il faudra reprendre plusieurs fois l'opération afin de séparer mécaniquement le métal ou minéral à obtenir.....

 

Cette simple micro métallurgie est décrite dans tous les traités anciens qui traitaient des premières opérations de nettoyage des subtances minérales.

 

Mais, d'évidence, en alchimie, il s'agit d'autre chose.

 

Décrasser, est réellement en Alchimie, couper la TÊTE au DRAGON, qui permet un autre type de séparation.

 

O  CRAS en grec, signifie, la TÊTE, le sommet, la CRËTE.  

 

S'il s'agit de la voie humide, il faut écrêter un COQ !  Et s'agit-il alors d'une action mécanique aussi, il se peut bien que récolter la crête peut s'avérer riche d'enseignements.  

 

Dans le petit livre, " De vULCAIN SOLAIRE A FULCANELLI"  page 230 en bas de page, nous parlons des eaux et y faisons la distinction en Eaux de cinq types différents. 

 

" La cinquième eau est une eau de nature double : c'est le Mercure double : c'est le Mercure souterrain, le Mercure qui engendre métaux et minéraux, se raréfie en roches, se solidifie en toutes les substances du "règne" minéral. Cette "eau" est encore relativement mobilisable (vivifiable aussi en conséquence) dans le métal et certains minéraux, elle devient de plus en plus pauvre en échanges en s'éloignant des minerais et devient complètement sèche dans toutes les formes de roches terrestres.  C'est le champ des  "crottes " des Anciens !  Le  "défécatoire"  général, mais aussi la couche la plus consistante de notre planète. Il s'agit d'un excès de soufre impur, mélange de vrai soufre caché avec le  soufre vulgaire avec des tonnes de poussières qui sont les matières inertes et pauvres, mais pas  pour autant méprisables de ce fait."

 

Pour revenir à la nécessaire séparation dont le but est l'écrêtage du COQ, dans le même livre, en page 220 nous citons Raymond LULLE et  son Testamentum à propos de la nature de notre  Pierre :

 

" Ne comprends cependant pas, Fils de vérité, que la substance de notre pierre soit variée ou diverse. Elle n'a qu'une seule substance naturelle, entièrement convertie, transmutant la nature froide avant qu'on n'en fasse rien, et jusqu'à ce qu'elle désire se transmuter en la qualité d'un autre élément."

 

Quoique nous utilisions cette citation à propos d'un terme grec EROTYLOS, désignant la possibilité du Feu Secret chez ZOZIME, nous pouvons aussi appliquer notre réflexion sur ce passage de LULLE, dans le sens du décrassage.

 

En effet, puisqu'en voie humide, il est rare que l'on travaille à l'air libre sans perdre le bénéfice de l'opération, et puisque le but réitéré des opérations est une séparation des constituants naturels de la Pierre en gestation, il faut donc obtenir un décrassage par une série de petites manipulations successives visant l'écrêtage et dont le bénéfice sera d'aller vers un meilleur MERCURE.

 

Le travail humide est toujours une cuisson suivie de séparations mécaniques à froid, et dont le traitement consécutif fait apparaître un  changement de comportement ici désigné par LULLE par  " transmuter en la qualité d'un autre élément ".

 

Plus clairement, chauffe progressive dont il faut déterminer le gradient le plus élévé, un SIGNAL sonore étant le moyen de se repérer, laisser refroidir, séparer à froid, crête et corps tranché, reprendre la même opération et voir par exemple l'EAU devenir FEU, ou celui-ci s'épaissir en TERRE.

 

Basile VALENTIN parle de ses deux VENTS..... NOTUS et VOLTURNUS, dans ses 12 clefs.  A quel moment peut-on obtenir de voir l'eau se muer en tempête sonore, et est-ce que le matras utilisé tiendra le choc des pressions répétées ?

 

Ce sont autant de questions passionnantes qui font les délices (et les cauchemars aussi ! ) de l'apprenant.....

 

Seule substance, le MERCURE est un COQ VIF, oui, mais dont il faut soigneusement distinguer la CRËTE et donc la récolter en DECRASSANT, en détournant la tête, par le procédé simple de la nature.

 

Tout ceci n'est pas sans analogie avec la tête morte du traitement classique de l'antimoine, mais, l'opération ne se fait pas au creuset, voie par laquelle la perte de matière est assez conséquente, contrairement à la voie en ballon, où les pertes sont minimes, si l'on s'avère prudent.

 

Mais, tout le décrassage chimique dépend du taux de gangue, de la qualité initiale des échantillons à traiter, et du choix même de votre matière initiale.

 

A ce dernier sujet, rappelons qu'il existe de nombreux points de départ à l'oeuvre qui peut raisonnablement ouvrir l'espoir d'évolution vers la Pierre.

 

Si l'on s'en tient aux matières minérales et métalliques, et nous n'ignorons pas qu'il peut y avoir un chemin par la décomposition de substrats végétaux, il y a nette démarcation entre la voie des frères du Mercure  (cinabre, stibine, réalgar, marcassites) et galène, fer et or. Sur le traitement de ce dernier, voir aussi notre éclaircissement dans le même livre sur le " procédé " de Philalète pour faire de l'or vulgaire un or vivifiable et donc, le chemin vers l'Or des Sages. Ce dernier est la seule et unique voie pour obtenir le Vrai Or potable. Sinon,  "casse-gueule assuré " et transfert rapide aux urgences....

 

Bien à vous,

 

ce matin, le ciel est limpide à Bruxelles, et Vénus, précède le lever de soleil sous un angle de 43 °, Jupiter, plus haut est quasi stationnaire un peu à l'ouest d'Aldébaran, étoile alpha du Taureau.

 

 

 

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Published by Filostène
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