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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 10:46

Au cours du colloque Fulcanelli il nous arrivé à deux reprises d'expliquer un point important de la biographie de Grasset d'Orcet qui pourrait faire comprendre son amitié un peu spéciale avec Fulcanelli.

Nous avons écrit dans Fulcanelli exhumé que l'auteur du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales - décrit comme un ami proche de Grasset d'Orcet par Eugène Canseliet - ne cite pour ainsi dire pas du tout l'archéologue du Cantal dans ses deux ouvrages, ce qui, à l'occasion des passages relatifs à la cabale hermétique et à la langue des oiseaux peut surprendre.

 

Effectivement, le seul passage où il est fait mention de Grasset d'Orcet, explicitement, se trouve dans le chapitre rajouté de la croix cyclique d'Hendaye, c'est à dire dans la seconde édition du Mystère des Cathédrales. En clair, un rajout sous la responsabilité d'Eugène Canseliet sur la base d'un chapitre non publié du Finis Gloriae Mundi fantômatique.

Lorsque l'on s'informe correctement de la vie de Claude Sosthène Grasset d'Orcet (1828-1900), par exemple dans l'excellente page web : 

//grassetdorcet.sost.free.fr/   (cliquez ensuite sur le lien biographie dans le bas de la page)

on lit la vie pleine de déboires de l'aventurier archéologue qui fait des découvertes significatives dans l'Ile de Chypre, et qui au lieu d'être reconnu comme scientifique de valeur, se voit éclipsé par des envoyés de Napoléon III tels qu'Ernest Renan, Waddington, de Voguë et surtout, par un élève de Viollet-le-Duc, Duthoit qui est crédité historiquement de l'importation au Louvre d'une gigantesque statue de 14 tonnes, nommée cratère d'Amathonte.

Grasset d'Orcet, outre les déboires d'âme, fut ruiné successivement par la guerre d'Italie (spoliation patrimoniale) et par un intermédiaire technico-commercial qui lui fournit des machines tronquées. Machines qu'il estimait être l'outillage nécessaire afin d'assumer son autonomie financière sur l'île ! Outre qu'il avait espéré en vain des subsides du gouvernement impérial, il rentre bredouille, terrassé par un sort injuste en 1865.

Il se lie alors avec des intérêts anglais et devient le collaborateur central de la Revue Britannique à partir de 1873.

Bernard Allieu dans le sillage d'Eugène Canseliet, lui a rendu justice en publiant deux tomes de Matériaux cryptographiques dans sa maison d'édition Les 3 R.  

Les curieux articles que Grasset d'Orcet publia sous la troisième république n'ont pas manqué de susciter de l'intérêt chez les lettrés de l'époque. 

Notre ingénieur fut sûrement de ceux qui établirent alors un contact dès qu'il fut question d'écriture phonétique cachant par des rébus très indétectables des consignes guerrières placées dans les oeuvres d'art, de la littérature, voire du sens de l'histoire même.

L'histoire de France revue par Grasset d'Orcet est déconcertante voire par endroit hallucinante !!!!

Sa grille de lecture se décompose en deux fragments complémentaires. D'une part, techniquement, il démonte un à un les éléments du grimoire ou grammaire du squelette des mots, ce qui a un attrait pour tous les chercheurs en devises cachées, en cryptogrammes les plus divers.

D'autre part, en pleine métamorphose socio-politique, la troisième république en prend plein la figure pour ses personnages fondateurs !

Tout y passe : les frasques ménagères entre Catherine de Médicis et Diane de Poitiers avec le terrible et incorrigible Henri II lutte entre la quinte et la quarte ; un Louis XVII canadien venu mourir sur les champs de bataille lors des guerres napoléonniennes, supprimé par sa propre famille (et vlan pour les Bourbons et Henry V en particulier) ; le pacte de famine (encore contre les Bourbons) ; et surtout Jeanne d'Arc, représentative d'une corporation des Brandelys  envoyée à Charles VII par les cornards (restons polis : sonneurs de corne ou de cor !) de Saint-Marcel de Langres pour offrir au roi susdit, son épée Bran et le conduire à la victoire non sans lui remettre d'abord.....

la clef des cloches et autres sonnettes.......

Magnifique que cette histoire française revisitée par un homme bien décidé à se venger de l'humiliation totale subie au cours de ses aventures archéologiques.

Et voici (enfin !!!! pffff) où nous voulions en venir.

Fulcanelli recueillit chez son étrange ami, et son aîné de 11 ans, outre le matériel de serrurerie (l'atelier des mots anciens et les rossignols pour faire ouvrir les secrets des grimoires), l'âme d'un complice en infortune du sort !

Tous deux ils durent bien s'amuser à imaginer les grands hommes de leur époque, si guindés, si amidonnés du col, lisant un tel vitriol sur les reliefs de l'histoire de France.

Mais, chuut , promis, Fulcanelli jura à son chef serrurier le silence total sur le moyen d'ouvrir la cage du rossignol, et lui conserva une profonde estime.

Nul doute, qu'il alla en décembre 1900, à Cusset (Allier) se recueillir dans ces froides journées, sur le tombeau d'un homme pourtant bien né mais affligé d'un sort néfaste.

 

En souvenir du Colloque Fulcanelli ( MMes G.D.et A.de C.)

 

Dernière chose : ne manquez pas de visiter la page nouvelle, où des photos et documents complètent l'édition actuelle du Fulcanelli exhumé.



 


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Published by Filostène
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commentaires

Salilus 20/05/2011 22:26


Bonsoir à tous,

Quelques compléments pour celles et ceux qui s'intéressent à G. d0.
misraim3.free.fr/divers/interpretation_esoterique.pdf
misraim3.free.fr/divers/imaginaire_de_la_nation.pdf
http://talvera.hautetfort.com/archive/2006/03/24/grasset-d-orcet-1828-1900.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Sosth%C3%A8ne_Grasset_d%27Orcet
http://lesarchivesdesalilus.hautetfort.com/archive/2006/11/19/grasset-d-orcet.html

Pour se procurer l'ouvrage de Limousin Espalier, 1997
http://espalier.limousin.free.fr/index_fichiers/page0004.html

(L'ouvrage reprend et complète les éléments figurant dans le mémoire de Mlle Gentil)

Bien à vous,


20/05/2011 23:02



Merci à vous Salilus pour toutes ces références sur l'insolite ami de Fulcanelli ! 


Bonnes recherches à tous.



Laurent 20/05/2011 20:34


Bonsoir à tous et à toutes,

Merci de ces renseignements très précieux, cher Salisus !

Je suis ravi de votre post et votre générosité : je vais me mettre en quête de cette thèse !

Pour tout dire, j'ai du mal à suivre quelque fois ce cher Claude sosthène dans son cheminement intellectuel, mais j'avoue que la lecture de ses articles est passionnante.

L'Université - avec tout le respect que je dois à l'Ecole -gagnerait à sortir des sentiers battus, quelque soit la matière étudiée...place à l'imagination, que Diable !

Mais je crois que cela n'est pas demain la veille...

Encore merci...

Laurent


Salilus 19/05/2011 23:46


Bonsoir à tous.

Laurent, la thèse sur Grasset d'Orcet que vous appelez de vos voeux existe : Valérie Gentil l'a publiée en 1993 à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux 3), sous la direction du Professeur
Jean-Claude Drouin : "Grasset d'Orcet, docteur en grimoires", par Valérie Gentil, 1993, mémoire de maîtrise.

Un chercheur passionné de G. d'O., "Limousin Espalier, Juin 1997" s'en est inspiré pour écrire "L'Art royal, trahison et clercs" indispensable lorsque l'on s'intéresse à Grasset.

En outre, l'archiviste municipale de Cusset (03) a constitué tout un dossier sur le "grand homme" local.

La bibliothèque municipale d'Arles conserve une collection complète de la Revue Britannique où ont paru une bonne partie des publications de G. d'O.

A vous lire...


Laurent 17/05/2011 19:32


Bonsoir à toutes et à tous,

Bien. Gageons que la polémique va très très vite trouver son point final, dans la plus parfaite sérénité, et dans le respect de tous. Du moins, je le souhaite.

L'Alchimie ne saurait se substituer à de vaines polémiques...il n'y a déjà eues que trop malheureusement.

Il faut savoir accueillir avec joie et respect ce que Filostène a souhaité nous transmettre. Et surtout s'interroger sur les raisons profondes qui ont motivées cette décision...qui sont hautement
philosophiques, n'en doutons pas.

Un dernier mot enfin sur ce sujet : il serait profondément injuste de blâmer son disciple direct. Sur quelque sujet que ce soit. Mettons-nous cinq minutes à sa place...et nous comprenons sans peine
toutes les responsabilités qui ont pesées sur ces épaules.

Alors de grâce : ne recommencons pas un Canseliet bis. Cela suffit comme ça.

Sur ce, et pour revenir sur un sujet plus salubre, C'est-à-dire l'obet de l'article : Grasset d'Orcet.

Je suis très loin d'être un spécialiste de ce cher Claude Sosthène. Je n'ai lu (j'ai bien dit lu, et non pas étudié) que quelques uns de ces articles, condensés dans les éditions E-dite :
Souvenirs, Chroniques et récits d'Auvergne, Oeuvres décriptées.

Je ne souscris pas aveuglément à tous ces articles, loin de là. Toutefois, il faut reconnaître que certains de ses propos sont troublants et non-dénués de fondements.

A quant une thèse sur ce chercheur, en marge de la science officielle ?

Laurent


Filostène 17/05/2011 22:09



Bonsoir Laurent,


oui, je suis d'accord avec vous, il faudra qu'une étude plus récente de l'oeuvre entière de Grasset d'Orcet, et une évocation de sa vie, soient à nouveau sur le métier.


Parce que, même si l'éclairage que j'ai choisi de donner sur sa relation "supposée" avec Fulcanelli paraît plus romanesque que basée sur des faits, je crois qu'il faut faire revivre le faisceau
de convergence sousjacent à leurs oeuvres si différentes soient-elles.


Quand au souhait des deux Filostène laissons aux amis de l'alchimie se faire une opinion par eux-mêmes de la nécessité de leur présence sur la scène actuelle des échanges sur la science d'Hermès,
et si le cas échéant, on leur trouvait une inutilité patente, ils se féliciteraient sûrement de pouvoir disparaître en douce.


Ne vous inquiétez donc pas, le doute est une essence naturelle de l'esprit humain dans sa condition actuelle. Sa nature le pousse toujours vers le lieu où il est attiré : infra.


 



juan de lupe.M(loup) 15/05/2011 00:07


bj, il est fort dommage ,qu'apres ce travail ,que rien ne vous obligeait a faire , et qui permet d'éclairer un peux mieux les zones d'ombres,que vous soyez encore sujet de personnes aussi peux
soucieuses d'équitée .;Pour ma part je vous remercie de ce que avez fait .merci


15/05/2011 08:23



Merci à vous, mais ne vous inquietez-vous pas trop.


Il y aura encore des éclaircissements sur Fulcanelli, ses écrits, son entourage, parce que l'effet positif du colloque se poursuivra, j'en suis certain.


Dans la partie consacrée à la théorie alchimique, pas encore rédigée actuellement, il y aura aussi pas mal de nouveaux points de vue sur l'accès aux notions qui encadrent l'évolution du METAL
d'une part, de l'HOMME d'autre part, et sur ce dernier des notions quasi astrologiques me semblent indispensables.


C'est le chantier de DENEB CYGNI qui devrait prendre place ici même, en parallèle au corps central des articles sur l'Alchimie qui se poursuivront.


Rien ne m'obligeait à faire ces travaux d'écriture, disiez-vous. En un sens c'est exact. Je n'ai pas été obligé. Mais peut-on, doit-on garder tout cela pour soi-même? Walter Grosse a fait
commencer une nouvelle ère. Grâce à lui, d'abord, on sort d'une période délétère, où des volontés destructrices s'acharnaient à dissoudre complètement l'image de quelqu'un de très positif pour
l'Alchimie : Eugène Canseliet. 


A travers lui, on remonte à Fulcanelli. Et donc on déstabilise la lecture des deux livres les plus intéressants du XXème siècle alchimique francophone. Voire Européen.


Grâce à Walter, et grâce à mon Maître qui m'a transmis l'enquête époustouflante de Samuel, je suis en mesure de donner un éclairage très cohérent des personnages et des faits qui ont encadré la
naissance des livres de Fulcanelli.


Devais-je me taire ? 


Je le rappelle, un testament philosophique notarié m'a appelé à la table de rédaction. Je me suis exécuté. Malheureusement, le livre actuel est trop condensé. Et il y a depuis sa sortie le fait
qu'il y a encore des documents qui ne m'ont pas été communiqués, malgré ce testament. Alors, attendons et espérons que la tractation aboutira.


Merci à vous de votre prise de parole, Juan de Lupe