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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 09:34

Dans ce nouvel article nous publions une lettre inédite, écrite par Georges BELLAIS à Philippe ENCAUSSE et datée du dimanche 16 septembre 1928.

Nous reviendrons en fin d'article sur ces deux personnalités dont la seconde est certainement bien connue du lecteur, puisqu'il s'agit du fils du célèbre PAPUS, qui occupa la place centrale de l'ésotérisme français de 1888 à son décès en 1916.

Voyons maintenant le contenu de cette lettre qui concerne le Mystère des Cathédrales et plus spécialement la statue de Saint-Marcel.

Nous vous faisons lire le texte puis nous publions les scans de cette correspondance.

"  Cher  Ami

"Voulez-vous transmettre ceci à Monsieur Paul Le Cour ="

"Dans son livre sur les mystères des cathédrales que vous m'avez obligeamment prêté, Fulcanelli reproduit une statue de Saint Marcel d'après l'exemplaire ancien placé dans le Frigidarium des Thermes de Julien."

"Il signale que cette statue authentique diffère de la restauration faite en 1859 sous la direction de Viollet le Duc et encore en place à la porte Ste Anne."
"Il remarque que Cambriel, dans son ouvrage où il donne une vue de cette statue avant restauration, et auquel il a le premier donné le sens alchimique, a reproduit sans aucune exactitude le sujet."
"Fulcanelli commet une (barré : magnifique) erreur, Cambriel a donné une reproduction exacte de la statue ancienne encore en place sans restauration à l'époque où il vivait."
"Il a été publié récemment une photographie de cette vieille statue dans l'ouvrage Notre-Dame de Paris, in folio, par Aubert, Morancé éditeur, que l'on peut consulter à la nationale, mais dans l'hémicycle de la salle de travail (même pas dans la réserve), côte Fol. Lj 9.7300."
"La statue de Saint Marcel qui est à Cluny est bien du XIII ou XIVè siècle mais elle a été restaurée et modifiée, puis copiée par

( verso en guise de deuxième page)

" ...l'atelier travaillant sous la direction de Viollet le Duc, copiée exactement mais sur original restauré et c'est vraiment extraordinaire de voir comment on restaurait alors."

"staue ancienne                                                          statue de cluny ou

avant restauration                                                       du porche ste Anne restaurée 

"Tête barbue                                                                  """"""""""""  glabre

" Crosse courte                                                              """"""""""""  longue

" Tête du dragon mordant la crosse                           """"""""""" sous le pied droit du saint

"Cou du dragon court                                                    """""""""""""  long

" La main du saint est levée                                         """"""""""""" est près de la figure

pour bénir, les 2 doigts loin de la bouche               les 2 doigts sont près de la bouche

" Il est évident que l'interprétation de Cambriel en particulier quand il signale que le saint ordonne silence ou le secret est dans le vrai alors que Fulcanelli qui le raille sur ce point est dans le faux ; également il erre qaund il demande comment Cambriel a pu dessiner une crosse ridiculement courte et mettre la tête de dragon sous le pied du Saint."

" Enfin je demanderai si les sculptures hermétiques des cathédrales que l'on essaie de lire sous 2 interprétations, l'une sacrée, l'autre profane ne sont pas à 3
(barré : lecture)
significations comme les hieroglyphes (barré : ceux ci sont comme chacun sait à 3 lectures) vulgaire - sacrée - hermétique.

" Voici les 3 lectures de la statue de St Marcel...."  

( 3ème page : recto )

 

"  1°  sacrée  ou  vulgaire      (de haut en bas)

" Saint Marcel premier évêque de Paris délivre les habitants des bords de la Bièvre des maléfices d'un dragon.
" Ce dragon gîsait dans le cercueil d'une femme noble qu'il fit adultère et sortait chaque nuit. St Marcel l'exorcisa et le chassa, le dragon s'enfuit dans le marais où il disparut."

" 2°  alchimique  (de bas en haut)

" Le cadavre livré aux flammes de l'athanor exhale de son cerveau le principe de vie sous la forme du dragon babylonien porteur de la pierre des philosophes, le maître de l'oeuvre crosse d'or  en mains fait le geste du silence.

3°  hermétique  ( de haut en bas et de bas en haut)

" L' Initié reçoit par l' emblème femelle qui coiffe sa tête la semence mâle ...... elle s'écoule par son pied dans le dragon, fils du soleil elle est transmise au cadavre en flammes et déjà soulevé par le souffle de vie."

" Le cadavre renaît de sa cendre et le souffle de vie revient au maître du monde par la même voie que précédemment."

"Je m'excuse d'un long silence, j'irai vous revoir bientôt.

" Amitiés, respects à votre frère et a votre soeur  
(signature : GBELLAIS)

 

" Dim 16/ 9 / 28".

 

Nous laissons pour le moment les interprétations de l'auteur sur les trois lectures possibles de la statue de Saint Marcel.

Ce courrier nous interpelle à plus d'un titre.

Tout d'abord, il est adressé à Philippe ENCAUSSE (1906-1984), fils de PAPUS, suit à un prêt de l'ouvrage premier de FULCANELLI à l'auteur de la lettre, Georges BELLAIS.

Le livre a été recommandé à l'attention des lecteurs par Paul LE COUR (1871-1954) dans la revue Aesculape en janvier 1927, comme l'a indiqué ARCHER dans son article du dimanche 7 octobre 2007.

C'est donc vers Paul LE COUR que Georges BELLAIS veut adresser ses remarques qui portent sur l'existence de la version vue par CAMBRIEL dans la première moitié du XIXè siècle et dont, heureusement pour nous, il donne les références précises.

Paul LE COUR a- t'il fait état de ces remarques, d'ordre historique, aux lecteurs d'ATLANTIS, la revue d'études bien connue, dont les débuts remontent à octobre 1927 ?

D'autres lecteurs auraient ils vu figurer ces remarques lord d'un numéro quelconque d'ATLANTIS ou lors d'une conférence restée en mémoire ? Avis de recherche parmi les lecteurs....

Ce que nous pouvons affirmer c'est qu'en septembre 1928, Philippe ENCAUSSE, pourtant au fait des courants ésotériques et d'initiation, ne connaît pas Eugène CANSELIET seul représentant la filiation légitime de FULCANELLI.

Eugène CANSELIET, possède tous les manuscrits originaux ayant servi à établir le texte définitif du Mystère des Cathédrales ; il dispose déjà aussi (voir le Feu du Soleil e.a.) des notes qui serviront à établir le texte des Demeures Philosophales (à publier en 1930).

Au lieu de tenter de contacter Eugène CANSELIET, totalement inconnu des filiations martinistes ou maçonniques, Philippe ENCAUSSE fait connaître à GRILLOT DE GIVRY, le cliché publié par Marcel AUBERT, lequel reproduit le cliché à l'albumine des frères BISSON.

GRILLOT DE GIVRY, qui, rappelons-le, fut collaborateur de PAPUS, comme traducteur de l'Amphithéâtre de l'éternelle sapience de Heinrich KHUNRATH, glisse le cliché en guise de démenti discret à l'ouvrage de FUCANELLI, quant à son jugement sur CAMBRIEL, dans son chapitre consacré aux alchimistes en page 407 de son ouvrage "Les Sorciers, Mages et Alchimistes" qui paraîtra en février 1929.

Nous ignorons si cette photo fut jointe au dernier moment lors de la mise en page de cet ouvrage, ou bien s'il fut sélectionné par GRILLOT DE GIVRY lui-même, suite à une communication provenant du milieu proche d'ENCAUSSE ou de LE COUR lui-même.

Pour mettre les idées au clair, Eugène CANSELIET fit la connaissance de Paul LE COUR en 1934, lorsqu'il commençat sa collaboration d'écrivain à la revue ATLANTIS, et ne rencontra Philippe ENCAUSSE qu'au cours de l'année 1957 !
 
 

L'article de Paul LE COUR  en janvier 1927, fait bien comprendre au lecteur que les thèmes traités dans le Mystère des cathédrales recoupent l'érudition propre à Pierre DUJOLS, le célèbre libraire et descendant des Valois, dont le manuscrit sur la Chevalerie (Valois contre Bourbons) fut publié à la fin du XXè siècle.

 

Voici tout d'abord les scans des pages retranscrites ci-dessus. 

   

 



 

Nous avons affirmé qu'Eugène CANSELIET ne connut Philippe ENCAUSSE qu'au cours de l'année 1957. En effet, dans un échange de courrier entre eux à l'époque de la seconde édition du Mystère des Cathédrales, CANSELIET écrit à ENCAUSSE :

"  Savignies, ce dimanche

" Cher Monsieur,

" Peut-être avez-vous gardé mon souvenir, avec celui du petit dîner chez mes cousins Monsieur et Madame RABOUIN, où je fis votre connaissance, voici déjà bien longtemps."

" J'ai vu hier, à la Bibliothèque nationale, le n°2 (1957) de votre Initiation  consacré en majeure partie à l'alchimie, et qui, pour cette raison, m'a beaucoup intéressé. Serge Hutin m'en ayant, il y a trois mois, annoncé un exemplaire que je n'ai pas reçu, ne pourriez-vous avoir la gentillesse de tenir sa promesse ?

" Ne vous serait-il pas possible également de donner, dans l'Initiation, une note sur le  Mystère des Cathédrales de Fulcanelli ?
" Dites-le moi, que je vous fasse le service de presse qui est très serré, par l'éditeur, à cause du prix élevé de ce tirage de luxe déjà très près d'être épuisé.
" Veuillez agréer, cher Monsieur l'expression de mes sypathiques et confraternels sentiments. "  Signé : E. CANSELIET  Savignies (Oise) "

De ce courrier on retire la nette impression que ces deux auteurs et acteurs de l'ésotérisme ne se connaissent qu'à distance et dans une intelligence toute professionnelle, essentiellement  !

Il ne nous semble pas téméraire de penser que dès la parution des Fulcanellis, il y eut une distance certaine entre les centres ésotériques dont les courants tiennent plus ou moins à la maçonnerie et au martinisme ( critiqués par certains passages péremptoires des Demeures Philosophales ) d'avec les alchimistes isolés que furent Eugène CANSELIET et Jean Julien CHAMPAGNE.... De ce dernier, on peut inférer l'importance auprès d'Eugène CANSELIET, dont la filiation à FULCANELLI ne le ratache à aucun autre protagoniste de la recherche hermétique....

Les deux autres alchimistes parisiens, Pierre DUJOLS (avec son fidèle FAUGERON) et Marc HAVEN (de son état-civil : Emmanuel LALANDE) sont décédés en 1926.
La mystérieuse Irène HILLEL-ERLANGER est "officiellement" décédée en 1920, accidentellement, mais dont André SAVORET dira des décennies plus tard et sans ambiguité qu'elle "se porte comme un charme" à un de ses amis !

Ici se trouve la vraie frontière :  " en marge de la science et de l'histoire"  comme le porte fièrement les ouvrages de FULCANELLI et d'une manière générale ceux des grands maîtres de l'Alchimie.
Que penser alors des inexactitudes que nous avons ici révélées à propos de la statue de Saint-Marcel, en partant de l'indignation suscitée au Maître de Savignies par les propos de Bernard HUSSON dans sa réédition du traité de CAMBRIEL, quelques mois avant que paraisse la troisième édition du Mystère des cathédrales, et dont nous venons de dénoncer les tenants et aboutissants ?

En guise de question "en marge de la science et de l'histoire" voici une hypothèse qui paraîtra scandaleuse mais nous paraît toutefois parfaitement plausible.

En 1925, Eugène CANSELIET et Julien CHAMPAGNE, forts de leur expérience et leurs talents, imaginent la" présence" d'un grand Maître adepte (donc en possession de la pierre philosophale) qu'ils baptisent du nom de FULCANELLI, utilisant des décennies de notes artistiques et scientifiques rassemblées par CHAMPAGNE puis par son disciple, et dont la partie se rapportant à la cabale phonétique d'origine pélasgique, provient des recherches de Pierre DUJOLS et de GRASSET D'ORCET !!!!!!!!!!!!

Toutefois, dans les éléments rassemblés à propos des sculptures du portail de Notre-Dame et de Saint-Marcel, le jugement sur l'interprétation de CAMBRIEL les induisent à le condamner, par ignorance de ce qui s'est déroulé entre 1850 et 1860 ! Une méconnaissance de l'ancienne statue postulerait sur une érudition limitée à la période postérieure aux transformations de VIOLLET LE DUC et LASSUS.

D'où la colère d'Eugène CANSELIET en 1964, qui craint le lièvre posé par un de ses anciens collaborateurs, Bernard HUSSON, en passe de devenir auteur rival sur des questions d'érudition !

L'année 1926, le premier manuscrit des deux FULCANELLI peut voir le jour, DUJOLS ayant disparu, LALANDE aussi, qui auraient pu interroger le préfacier sur la communauté de propos mis sous la plume d'un FULCANELLI dont plus personne ne peut aujourd'hui savoir s'il est réel, immortel, ou bien virtuel !!!!

Cette hypothèse se fonderait sur le pacte du silence entre CANSELIET et CHAMPAGNE et celà ad vitam.... Et expliquerait diverses réactions, carrément épidermiques, comme celle d'Henri COTON-ALVART ( voir Genevieve DUBOIS dans : Ces hommes qui ont fait l'alchimie au XXè siècle) ou Robert AMBELAIN qui soupçonna très tôt (dès 1935) une complicité CANSELIET - CHAMPAGNE, en accentuant le rôle de ce dernier dans la naissance des deux célèbres ouvrages....

Nous espérons que cette hypothèse sera battue en brêche par toute personne autorisée à nous prouver l'inanité de cette suggestion, laquelle postulerait une mauvaise conscience de la part de celui qui a incarné le renouveau et la faveur de l'alchimie francophone de la seconde moitié  du XXè siècle, Eugène CANSELIET, si décrié depuis son décès.

Et cela d'autant plus que l'auteur de ces lignes partagea cet enthousiasme de longues années durant, étant convaincu de la VALEUR des enseignements prodigués au sein des deux ouvrages de FULCANELLI et des cinq oeuvres désormais classiques du Maître de Savignies.

En conclusion, les deux ouvrages de FULCANELLI ont suscité une attraction indéniable et exercé un intérêt particulier pour l'antique science et l'art d'Hermès, tout en recelant leur part d'ombre (faite à d'aucuns) et d'inexactitude....

Sic transit gloriae mundi ......


Avant d'achever cet article, nous avions promis de parler aussi de l'auteur de la lettre : Georges BELLAIS.

Ancien condisciple d'études de Charles PEGUY, il fonda avec lui, la librairie qui porta son nom ainsi qu'une maison d'édition, diffusant principalement des études ou des ouvrages sur le socialisme, à partir de 1898 et jusqu'à la guerre 14.
Il n'a pas été possible jusqu'à présent de savoir quel fut le parcours intellectuel qui le mena à s'intéresser à des sujets touchant l'ésotérisme ou la lecture des édifices médiévaux.
Tout ce que j'en sais, c'est que sa proximité avec Marcel AUBERT, qu'il connaissait d'assez près, justifierait son courrier en direction de Philippe ENCAUSSE.

Bonne lecture et à vos commentaires (peut-être !).





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commentaires

troubladour 17/10/2009 15:07


Bonjour,

je ne puis qu'acquiescer vos mots, pour le reste je n'ai de réponse à donner ni d'interprétation nouvelle.

Concernant la coïncidence qui m'a conduit ici, ce n'est pas celle d'un démon qui va où le vent le conduit mais une des nombreuses synchronicités que les moteurs de recherches génèrent malgré
eux...

c'est donc par le biais de philippe encausse, fils de Papus me semble t'il, le fondateur de l'ordre martiniste, que je me suis retrouvé ici
sur un sujet que j'avais abordé il y a quelques années déjà lors de mes recherches L'unaire, et luni faisant bien les choses, celles d'Hermès entre autres, j'ai pris le cours de votre discussion
pour semer quelques questions...

Le cinéma d'hollywood a depuis quelques temps accélérer ses messages subliminaux, loin d'être sublime par ailleurs, pour marquer les esprits, à défaut d'en marquer la chair.

Mais à l'instar de certains contes de notre enfance ou autre comptine enfantine, certains de ces films sont inversement initiatiques et manie curieusement la langue des philosophes.

un petit passage d'un de ces films hermétique, le mot est surement mal choisi, pour vous en donner le ton :
un héros du nom de Michael ( semblable à dieu ) de la compagnie C10 ( prononcer en anglais pour biaiser, SI TAIN... )après avoir tuer un Kamerad non encore majeure, d'une bayonnette de 17 pouces
dans le front, s'en retourne en guerre au nom de Sarah ( qui par transmutation du h en n, donne un résidu qui s'envole sur l'r pour devenir t, sarah révélant ainsi satan ) dont une lettre à sarah
devient ainsi pacte avec satan, Michael y perdra la vie, du moins en apparence, car par l'entremise d'un faucon crecerelle ( un horus phoenixien ) il sauvera celle de David, tout juste cruxifié, le
frêre de la dite sarah... )
et ainsi de suite avec moulte calcul cher au adorateur du faiseur de lumiere dont les mathématiques émanent...

mais le sujet est par trop sulfureux, j'aimerai bien avoir votre avis sur un point :
la lune verte ?
celle qui comme le dit la comptine, sourit quand on la prend par la queue, en tous les cas avant de passer l'épreuve de l'eau et de l'huile

Merci de votre attention

Bien avoué et bonne journée


Filos 18/10/2009 11:45



Bonjour Troubladour,

en guise de réponse à votre interrogation à propos de la lune verte, je vous renvoie à une étude au titre comparable : " Le Temple de la Lune verte" par Anna Caiozzo (université de Paris 7) qui
traite de la couleurs des planètes dans les miniatures de l'Orient Médiéval, et dont le texte contient notamment ceci : " Il existait à Balh un temple dédié à la Lune, dont Al-Barmak fut
grand prêtre. Dans la lignée des religions de l'Inde, qui associaient la couleur verte ou blanche à la Lune, il était décoré de banderoles de soie verte. Il est intéressant de constater que
l'Islam, dans laquelle la Lune joue un grand rôle, notamment en rythmant le calendrier, a aussi choisi le vert comme couleur emblématique."


En Alchimie, il peut être intéressant de lier le pouvoir de végétation lié aux cycles lunaires à la matière mercurielle, dont la purification (séries d'opérations concrètes et progressives) fait
apparaître le signe de la canonicité par l'apparition d'un émail de couleur verte nommé vitriol des sages.


Mais, ce type de rapprochement vous était déjà connu,sans doute.


Mais je vous laisse surfer sur les différentes modalités par lesquelles "subconsciemment" les auteurs de contes fantastiques reprennent les thématiques et personnages communs aux mythes et
symboles à caractère plus ésotériques, qui nous concernent en direct.


L'Alchimie a toujours été une source d'inspiration créatrice de merveilleux, parce qu'elle est la seule voie où l'humble matière s'éveille à des possibilités que la science actuelle lui dénie.


Elle se transcrit à travers symboles et récits et ne se révèle qu'après une lente maturation de ses préceptes, lorsqu'après avoir lu et relu des années durant, le profane devient porgressivement
éveillé. Il lui reste alors à accéder au Temple secret, où la Lune blanche fait reverdir le feuillage des métaux libérés d'une torpeur mortelle, par l'introduction de l'agent igné, héros du Grand
Oeuvre, qui seul peut "sauver" le monde minéral.


Voilà quelques propos supplémentaires en guise de réponse. La Lune est bien un des acteurs principaux en Alchimie. Son pouvoir de faire croître et décroître le noyau ou semence métallique cachée
au plus profond des matières.


Salutations en Hermès


 


 



troubladour 15/10/2009 23:58


WIKIPEDIA affirme ( non infirmé à ce jour ):
" Jean-Paul Dumont, célèbre spécialiste de philosophie grecque, l'affirme : "Eugène Canseliet nous avait autorisés à révéler qu'il était lui-même l'auteur des livres portant la signature de
Fulcanelli" (apud Jean-Claude Margolin et Sylvain Matton, Alchimie et Philosophie à la Renaissance, Vrin, 1993, p. 328)."

en tous les cas, si Fulcanelli n'est autre que Canseliet lui même, alors il serait dommage de n'avoir pas eu une alchimiste à découvrir...

l'un et l'une sont indispensables, mais la lumière du premier nous attire et nous aveugle, à nous eclipser la seconde, qui bien que froide et ététée, n'en est pas moins vivace, de son sourire
magnifique, magnétique, même les géants l'apostrophèrent en larme, hache en pogne " Si le jaune baigne la bleue, alors la verte croix "

finalement est-il important que Fulcanelli soit ou non Canseliet, peut importe le nom, l'écrit n'en perd pas ici de valeur, ni n'en prend d'ailleurs...

pour ce qui de l'alchimie, si elle n'apprend pas à vivre mieux avec soi et avec les autres, alors elle n'est qu'une chimère dévorante de plus...

à défaut d'amour il nous reste l'humeur du jour : l'humour, comme vous le dite si bien.

mais si je suis inopportunément arrivé ici, c'est sur les traces des martinistes et de leurs citations récurrentes dans une des drogues de l'humanité qu'est devenue le cinéma d'hollywood, maniant
malheureusement plus les symbolismes sataniques que celui du grand oeuvre distillé auparavant dans la littérature, Perec, Roussel et consort serait éberlués de l'usage que le XXI siècle fait de la
langue des oiseaux...

En tous les cas, je salue votre esprit positif et ouvert !

Bien avoué


Filos 17/10/2009 12:32



Bonjour Troubladour,

merci de votre témoignage.

Pour Eugène Canseliet, il est manifeste qu'il a rédigé les deux livres universellement reconnus et appréciés. Quoiqu'on puisse lui reprocher, post mortem, il est clair qu'il est un des acteurs
principaux au centre du Mystère Fulcanelli.

J'ai donné le sentiment de Filostène dès les premiers articles de ce blog. Après tant d'autres et un peu avant d'autres révélations parfois très ingénieuses qui se feront encore jour.
Plus qu'un mystère, Fulcanelli est un mythe. Pour ceux qui ont avancé dans le Temple secret de l'Alchimie pratique, il n'est pas non plus exclu (voyez mon dernier article qui l'évoque clairement)
que Fulcanelli survive hors de son ancienne enveloppe charnelle, et est donc pur esprit tout en étant immortel : la pratique nous le confirme, à un certain stade, l'âme lumineuse est aussi
conscience et aussi sur le chemin de l'union à Dieu, de façon à s'écarter de la nécessité ultérieure du solve et coagula appelé pour nous tous, l'incarnation obligée....

Mais, si vous voulez ma pauvre petite opinion, Fulcanelli a été (entre 1839 ou 40 et 1923-26) un savant parvenu à l'Adeptat, Julien Champagne et Eugène Canseliet ont bénéficié (plus ou moins
longtemps ou épisodiquement) de son enseignement direct, ont obtenu ses notes sur une série de sujets qui sont devenus les livres fameux que l'on sait. Le problème est que les notes de Fulcanelli
ont d'abord circulé dans un milieu dont Pierre Dujols était l'homme central, que l'on peut y voir alors comme une trahison de l'Adepte, et pour d'autres une oeuvre à plusieurs mains, plusieurs
auteurs et c'est là que l'on quitte la lumière pour retourner aux vapeurs sulfureuses de l'orgueil de tout un chacun (moi y compris)...


Donc, non, Canseliet a toujours affirmé ne pas avoir été Fulcanelli, mais simplement le rédacteur (et non l'auteur) de ces livres, et nous pouvons le croire. Mais pourquoi a t-il caché le rôle
capital de Champagne dans ces oeuvres ? De nombreuses notes originelles ont été modifiées et augmentées avant d'être remises à Canseliet. Celui-ci pouvait connaître ce qu'il en était : a-t'il tu
sciemment qu'il s'agissait de textes transformés, pour effacer le rôle compromettant de Champagne, a qui plusieurs personnalités des années 1920 ont fait grief de se cacher derrière le pseudo de
Fulcanelli ? 


J'ignore parcontre totalement comment, vous êtes selon votre commentaire : " inopportunément arrivé ici, sur les traces des martinistes et de leurs citations récurrentes dans une des drogues
de l'humanité qu'est devenue le cinéma d'hollywood " ?


J'ignore quel en fut le fléchage (from Hollywood to Filostène sans doute un mauvais film !) mais d'avance je vous souhaite bonne route et bonnes lectures, cher Monsieur.


 


Salutations en Hermès


 


 


 



anonyme 04/04/2009 12:31

Bonjour à tous...

L'anonyme de "18h59" - qui se présentera désormais sous le pseudo. de Laurent, cela sera plus simple - vous remercie une fois de plus de votre réponse...

Oui, nous pensons comme vous : l'élaboration philosophale est excessivement dangereuse, et, je crois que plus on avance sur le sentier de la connaissance minérale, plus ce sentier est escarpé et semé d'embûches...d'ailleurs, Canseliet, malgré une excellente maîtrise du troisième oeuvre, n'a tenté la coction finale "que" quatre fois au cours de son parcours si l'on en crois ce qui est écrit dans Le Feu du Soleil (quoiqu'il faille prendre avec des pincettes et beaucoup de recul les éléments portés dans cet ouvrage : en effet, et a priori, le manuscrit final n'aurait pas été soumis à l'approbation de Canseliet). Ce qui n'est pas peu dire.

A ce propos, qu'il n'est pas réussi me semble "presque" logique, dans la mesure où, indépendemment de la Tradition philosophique qui veut que le praticien qui atteint l'adeptat doit rester parfaitement anonyme, je crois que son apostolat, c'est-à-dire porter défendre coûte que coûte l'antique Alchimie - ce qui est en soi déjà énorme -, lui barait le chemin du divin état...mais ceci n'est qu'une opinion tout à fait personnelle et qui n'engage que nous.

Eugène Canseliet était effectivement quasi inattaquable tant sur le plan de ses connaissaissances linguistiques que sur la pratique au fourneau. Une somme à lui tout seul en quelque sorte...

Ah ces fameux Fantômes...Canseliet s'est exprimé à ce sujet, mais vu d'un autre angle. Nous sommes tout à fait convaincu que certains lieux, comme certains objets ou livres sont "habités".

De là où se trouve Canseliet, nous ne pensons pas qu'il vous en veuille, même si il ne cautionne pas totalement. Quoiqu'il en soit, si vous avez levé un "lièvre" et que celui-ci est avéré, ce n'est pas un hasard.

Quels beaux documents vous avez là ! nous possédons (provisoirement, le temps de notre passage sur cette terre), la deuxième édition du Mystère (exemplaire hors-commerce)et des Demeures dans un état impeccable. Une fois, nous avons vu passer la première édit. du Mystère à une mise à prix assez conséquente...mais nous n'avons pas suivi les enchères.

Veuillez reçevoir ma plus franche et amicale poigée de main.

filostène 04/04/2009 17:09



Bonjour,

je vous remercie Laurent de votre prise de parole. Canseliet est notre grand-père à tous, particulièrement ceux qui aiment véritablement l'Alchimie. Vous verrez demain, dimanche des Rameaux,
un nouvel article (dans une autre tonalité) qui prolonge nos réflexions sur les "hiatus" de lecture des Cathédrales, mais cette fois-ci, plus près du symbolisme et son langage à clés...

A propos de "fantômes" je vous citerai deux noms avec lesquels il faut compter en alchimie francophone contemporaine : Henri Coton-Alvart et Solazaref  !


Vous verrez plus tard, mais en hors d'oeuvre, et sur le second, puisque seul le rêve de Lazare est de revivre, rappelons-nous que nous sommes à la veille des Rameaux, et que Lazare préfigura la
résurrection du Christ, peu de temps avant la Passion.


C'est pourquoi faites-bien attention au texte de demain : la couleur du texte change parce que la racine matiale se révèle.....


A propos des éditions des deux Fulcanelli, j'ai dans ma bibliothèque les deux livres de 1926 et 1930, que je considère toujours comme étant des chefs d'oeuvres. Même si j'en démonte un
aspect, les planches de Champagne, sur un papier épais bien blanc, sont des dessins de très haute densité, dans le respect des oeuvres qu'elles soulignent autrement que les photos de la troisième
édition, qui ont d'autres avantages parfois (particulièrement pour St Marcel) mais perdent la densité de l'oeil du dessinateur.


Le seul reproche que je ferais à l'édition de l'omnium littéraire, c'est d'avoir reproduit  les belles planches de Champagne sur un papier photographique de teinte un peu trop sombre.
Mais à part celà, j'ai aussi eu cette édition qui est très pratique et agréable pour la lecture.

Remerciements encore pour avoir dialogué, Laurent, et mes amitiés sur le chemin d'Hermès.


 




anonyme 03/04/2009 20:19

L'anonyme de "18H59" vous remercie de votre réponse...je connais le site archer qui est très
bien géré et au travers duquel nous apprenons une foule de détails intéressants...

Une chose sur laquelle nous sommes d'accords : la validité de l'enseignement de Fulcanelli et de son Disciple. Par ailleurs, je pense qu'effectivement, différentes voies sont possibles...

je souhaiterai vous poser une question : que pensez-vous de cette "erreur" quant à cette erreur historique ? cela ne vous paraît-il pas trop énorme ??

Canseliet vous tire les oreilles ? peut-être aurez-vous la chance qu'il vous souffle certains "tours de mains" !!

filostène de 21 h 35 03/04/2009 21:35



Et bien merci à vous "Mr ou Mme de 18h59" pour vos remerciements.

Je m'efforce de rendre logique et compréhensible la séquence de la triple incarnation de Saint-Marcel, du point de vue historique et archéologique, dans un premier temps, afin de révéler que
tout se tient, et que si Fulcanelli et Canseliet ont donné la véritable valeur de cette statue et de son socle, du point de vue purement alchimique, ils n'acceptent pas l'interprétation de
Cambriel PARCE QU'ils ne voient pas la même statue!!!

Et le plus troublant c'est que Canseliet, âgé de 65 ans et d"une expérience et une érudition quasi imbattable, dans son domaine, ait ou aurait ignoré les trois périodes, mais il récuse
formellement l'existence du Saint Marcel tel que le voyait Cambriel !!!!!!
C'est surtout cela qui m'étonne et que je ne comprends pas. Parce que Grillot de Givry reprend la version de Cambriel, et que Bernard Husson cherche à justifier ces deux auteurs, alors
Canseliet (que vraiment j'ai suivi, aimé, respecté comme s'il était mon grand père !!!) se fâche dans sa troisième préface en arguant que le cliché de Grillot de Givry serait du chiqué, du
factice ! 

Mais bien sûr, l'enseignement de Fulcanelli reste entièrement intact. Il a, enfin, Eugène Canseliet a fait sentir dans les pages des demeures comme du mystère à quel degré de
maîtrise  et à quel point il vivait le Grand Oeuvre et ses matières, comprenait la vie cachée du monde minéral et métallique (dans ce domaine, il y a une barrière quasi infranchissable
par la force physique nécessaire, la patience au delà de tout, avant de voir et d'assister cette forme de vie qui est le chemin du mercure philosophique et qui vous laisse dangereusement hors du
temps et des limites de sécurité physique que seuls les passionnés d'alchimie sont capables de vivre au quotidien).... A ce point de vue, je ne connais qu'un seul équivalent : 
relisez mes commentaires d'hier à propos des autres voies et des "fantômes" qui sont sur la voie et ont réussi.

Mais je ne vais pas réouvrir un dossier qui apparaît comme définitivement clos....


Pour revenir à votre question : où est la cause de l'erreur ?


C'est pour moi difficile de répondre à la place d'Eugène Canseliet qui veut défendre la condamnation prononcée par son Maître à l'encontre de Cambriel. Pourquoi ne savaient-ils pas ou
n'ont-ils pas voulu comprendre le point de vue d'un auteur qui selon eux n'est pas éthiquement un modèle ?
Pour décribiliser un auteur alchimique qu'ils estiment ne pas être irréprochable ?
Cambriel (je crois que vous le savez) écrivait volontiers à des personnalités fortunées pour leur demander l'aide nécessaire afin de parachever le Grand Oeuvre ?
Ce point de vue là aussi, qui paraît normal et censé, ne pas demander d'argent (alors que le mécenat alchimique est de tous temps, car les dépenses dans cette recherche sont parfois impossible à
assumer sans fortune personnelle), combien d'alchimistes n'ont-ils pas été hébergés, subsidiés, épaulés par de riches et puissantes personnalités ?

Quant aux tours de main, je serre la vôtre, par amicale pression, parce qu'avant tout c'est un peu d'humour qui rend les choses plus viables....

Erreur historique, mais Fulcanelli et Canseliet en leur paradis le savent, leur immense travail les récompensent aux yeux de toutes les générations.

Merci de votre aimable réponse de 18 h 59



anonyme 03/04/2009 15:59

Ne trouvez vous pas étrange que Cambriel ait pu ignorer le texte de Esprit Gobineau et ne pas se poser des questions sur "la fumeuse statue" qu'il avait sous les yeux ?

filostène 03/04/2009 18:12


Pour répondre au commentaire d'anonyme de cet après-midi (mais c'est peut-être le même ?) Cambriel ne cite que peu d'auteurs dans son cours de la philosophie hermétique.
Quels auteurs avait-il en sa bibliothèque, avait-il copié beaucoup d'autres en bibliothèque publique, nous ne le saurons jamais... Donc, connaissait-il Esprit Gobineau de Montluisant gentilhomme
Chartrain, nous n'en savons rien.
Toutefois, il faut remarquer que ce texte faisait partie de la Bibliothèque des Philosophes Chymiques de Mangin de Richebourg édité en 1754 et que cette collection de traités était consultable à la
Bibliothèque Royale à Paris. Donc, oui peut être Cambriel a lu ce texte mais ne fait pas de remarque sur la discordance entre la description de Gobineau et celle qu'il fait de visu en regardant
Notre Dame. Et n'en tire pas de conclusion spéciale. Sa deuxième leçon se contente de faire une interprétation symbolique de ce qu'il a vu.
Voilà ce que l'on peut en dire à mon avis.... et selon vous ?